Parution Février 2021


    Accueil

    Parutions

    Auteurs

    Œuvres

    Bibliophilie

    Commande

    Recherche

    La maison

    Autres fonds

    Liens

    Chronique

    Lettre d’info


    Livres de photographie

Denis Montebello
Fossile directeur


Roman
2021. 128 p. 14/19.
ISBN 978.2.86853.665.5

16,00 €

Le livre

«Cette pointe n’est pas une invention d’archéologue. Elle a été trouvée par Céline, ma voisine, dans l’herbe où elle faisait courir son chien.
De quel musée provient-elle, de quelle collection ? Avec la cote, B11, inscrite sur la pierre.
Si ce n’est pas le fossile directeur dont je rêvais, l’objet facilement identifiable qui permettrait d’assurer une datation précise du contexte dans lequel il a été mis au jour, qu’est-ce que c’est ?
Une énigme, et il y en aura d’autres. Qui vous fourniront des indices, vous guideront dans votre fouille, vous mettront sur la piste de votre nouveau collègue. Occupé à récolter les dernières preuves, il s’est laissé surprendre, et la Médiathèque est devenue grâce à lui un vrai escape game.»



L’auteur

Né en 1951 à Épinal, Denis Montebello vit à La Rochelle. Il est l’auteur d’une quinzaine de livres parus pour la plupart chez Fayard, aux éditions en ligne publie.net et au Temps qu’il fait (Bleu cerise, 1995; Fouaces et autres viandes célestes, 2004; Couteau suisse, 2005; Le diable, l’assaisonnement, 2007; Tous les deux comme trois frères, 2012; Aller au menu, 2015; La maison de la Gaieté, 2017; Comment écrire un livre qui fait du bien, 2018). Auteur de récits et de romans, il procède en archéologue du présent. Mais le poète qu’il est cherche aussi la preuve par l’étymologie.



Extrait

C’était pour te faire marcher. Une des répliques préférées de Marie. En général le dialogue s’arrêtait là, la scène n’éclatait pas, l’orage s’éloignait. La phrase avait ce mérite. Nous en riions ensemble. C’était excellent pour la santé. Pour la santé du couple.
Il faut dire que je ne marchais pas. Je courais.
C’était une autre époque. Une époque heureuse. Aujourd’hui, quand Marie veut me faire marcher, quand elle veut faire mon bonheur malgré moi, je renâcle. Je trouve mille excuses, j’invente toutes sortes de prétextes. Et quand je ne suis pas parvenu à la convaincre, quand je me vois contraint d’avancer, et sans regimber, sur ces chemins de halage où j’ai bien du mal à haler ma carcasse, de plus en plus de difficultés, je cherche désespérément quelque chose à me mettre sous l’œil, quelque chose qui ressemble à un but et qui fasse ma route plus légère, la balade moins pénible, peut-être même agréable, si par chance j’aperçois quelque chose à cueillir.
Mais il ne faut pas rêver. Les champignons sont rares par ici, et en ce moment il fait trop sec. Il m’est bien arrivé de tomber sur des morilles, sans les chercher, mais les nombreux chiens qu’on promène, pour qu’ils fassent leurs besoins, m’ont dissuadé de les ramasser. Quant aux tessons, silex, je ne vois pas trop ce qu’ils viendraient faire par ici, au bord d’un canal qui a à peine plus d’un siècle.
Pourtant, Marie réussit, je ne sais par quel miracle, à m’entraîner dans ce genre d’aventures dont je me passerais bien. Ce fut notre dernière sortie. Ensemble.
Marie voulait étrenner ma nouvelle montre, ma montre si intelligente : son cadeau. Elle me l’avait offerte, pour mon anniversaire, au restaurant, dans un restaurant qu’une collègue, «une fine gueule», lui avait recommandé.
Moi, parce qu’on était en mai, j’avais d’autres préoccupations. D’autres sollicitations. Ophrys bourdon et Orchis pyramidal. Morille et sa petite famille. Tout est bon pour fausser compagnie au traqueur d’activité. La mauvaise foi marche bien aussi, qui consiste à poser son bracelet connecté pour lire le panneau explicatif ou la table d’orientation, et à repartir sans lui. Au lieu de me reprocher mon étourderie, j’accuserais mon coach électronique, et celle qui me l’a offert : je lui en voudrais longtemps.
Je ne suis pas un cheval pour broncher. Si je me déplace, c’est à pied, d’un endroit vers un autre. Que j’ignore. Le but avoué (sous la contrainte) étant de bouger, j’avance sans compter mes pas, sans regarder ma montre qui a toujours tendance à minimiser mes efforts, à me donner une performance amputée de quelques kilomètres; à la fin, bien sûr, mais elle est loin. Il serait vain, me dis-je en voyant le trajet accompli et la route qui me reste, de me lancer dans une course contre la montre, dans une lutte contre les machines, le combat est perdu d’avance, mieux vaut quitter la partie, quand il est encore temps, renoncer tout de suite au corps.
(…)

Commander

Autres titres du même auteur :

• Bleu cerise
• Fouaces et autres viandes célestes
• Couteau suisse
• Le diable, l'assaisonnement
Tous les deux comme trois frères
Aller au menu
La maison de la Gaieté
Comment écrire un livre qui fait du bien