Parution Juin 2026


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Christine Bry
Pataude


Poèmes

2026. 128 p. 14/19.
ISBN 978.2.86853.735.5

16,00 €

Le livre

Poursuivant les thèmes de son précédent volume, l’autrice explore ici les espoirs et les terreurs de l’enfance, les mystères de la féminité, mais aussi l’angoisse venue de temps livrés à la guerre, la joie et le désarroi de la vie qui va de la lumière à l’ombre, et tout une mythologie empruntée à l’art et aux livres d’images... La langue oscille du lointain au plus proche, du savant au familier et nous éblouit d’images surprenantes.



L’auteur

Christine Bry est née à Tarare (Rhône). Après avoir obtenu un diplôme de Philosophie à l’université de Lyon II (direction Henri Maldiney), elle suit une formation de dessin aux Beaux-Arts puis s’installe à Grignan et se consacre à la peinture. Nombreuses expositions en France (Paris, Lyon, Strasbourg, etc.) et à l’étranger (Boston, Londres, Bruxelles...).
Elle a publié en 2018 un essai sur Proust : Un monde désorbité (Une lecture de À l’ombre des jeunes filles en fleurs), éditions Les Trois Platanes et, en 2022, Proust en-deçà des mots, Revue d’études proustiennes n° 16, Centenaire de Marcel Proust, Classiques Garnier.
Son premier livre de poèmes, Pataude, a paru à nos éditions en 2023.




Extraits

Les petites filles


Les petites filles fendues au milieu
Ne savent pas
Ce qui se tient au milieu
Et au fond de leur corps fendu
Là-bas en dessous
Au milieu

Elles accrochent leurs joies dans les arbres
Avec un drôle d’air penché
Un seul doigt posé sur les lèvres
Et le reste des doigts replié

Quelquefois elles ferment les yeux
Le temps d’un vol de Grand Flambé
Du côté de la sylve close

Elles voudraient devenir poisson-coffre
Ou ange de mer
Ou bien méduse
Elles voudraient devenir transparentes

Pour échapper aux congres.
Par amour des bêtes


Au retour de l’enfance
Des bêtes minuscules grésillent dans sa tête
Elles voudraient lui manger le crâne
Alors il appelle sa mère aux mains tendres
Il revoit les moustaches
Suspendues au-dessus des bouches
De ses ancêtres figés sur la photo
Il reconnaît les jeunes veuves de l’an quinze
Assises sous leurs chapeaux
Dans le noir
Papillons de nuit loin de toute vie
Il revoit le chien minuscule
Qu’il voulut rejoindre à cinq ans
Il prend un train par amour des bêtes
Il n’a que cinq ans il est seul
Il revoit les couloirs cruels
Où à la queue leu leu les enfants
Les enfants les maîtres les chiens
Les maîtres leurs blouses grises
Les maîtres leurs fouets leurs clés
Il ressent la blessure tenace
De la trique
Il revoit les murs.