Parution Février 2023


    Accueil

    Parutions

    Auteurs

    Œuvres

    Bibliophilie

    Commande

    Recherche

    La maison

    Autres fonds

    Liens

    Chronique

    Lettre d’info


    Livres de photographie

François Lerbret
Depuis le seuil


Poèmes

2023. 144 p. 14/19.
ISBN 978.2.86853.69
7.6
18,00 €

Le livre

S’il est question de seuils dans ces poèmes, il s’agit de ceux que le réel ouvre parfois devant l’attente du regard. Ainsi, visages de pierre, voies ferrées, ombres, oiseaux fugitifs et lieux vacants tracent-ils autant de lisières invisibles sur lesquelles — faute de pouvoir toujours les franchir — on peut rester en veilleurs. Comme si l’esprit des augures persistait encore en ces lignes et s’efforçait d’y quêter patiemment «l’absence qui fait le signe».




L’auteur

est Né en 1984 à Tassin-la-Demi-Lune, François Lerbret enseigne les lettres classiques à Lyon. Il a précédemment publié à nos éditions Le Labyrinthe et le rêve (2017), ensemble de remarques explorant la parenté poétique des villes de Venise et de Rome.



Extraits

Rue Croix-Barret


je reviens souvent
rue de la Croix-Barret
aux jours d’heures indécises
et de plein soleil
franchir le pont au-dessus des voies

toujours les trains dorment alignés
les a-t-on oubliés
sur la page intacte des rails
certains passent pourtant à l’écart
promis au songe du voyage
TGV trop lointains déjà
seulement
longues carènes de sous-marins

dans les ombres portées
quatre soldats de 1900 allaient vers la caserne
autrefois maintenant
le temps a laissé
sa sentinelle
à l’angle de l’Artillerie
devant le ciel ouvert
les trains les arsenaux
la chaussée descend entre les entrepôts
déserte comme une frontière
Otacilia Severa


autour des épaules la nuit
envergure d’oiseau de proie

qui renierait le jour pour sa propre splendeur
sinon le trait fugitif du cheval
dans l’obscur de la grotte millénaire
la torsion d’un port de haut animal
pâle et lente
sévère comme le dédain de la grue immobile
dans le marais

la nuit en tiare sur la nuque
sur le cou à peine rainé d’ombre
nulle menace
elle aime suivre la dérive du silence
gorge tendue au couteau de la lumière