Parution Octobre 2014


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Georges Bonnet
Les yeux des chiens ont toujours soif


Roman
Coll. Corps neuf, 8
2014.
112 p. 13/18.
ISBN 978.2.86853.603.7

9,00 €

Le livre

C’est avec une grande économie de moyens et une pudeur exemplaire, suivant à petits pas les personnages de son récit, que Georges Bonnet nous relate la rencontre d’Émile et Louise, septuagénaires jusqu’alors solitaires et confinés entre appartement, jardin public et cimetière, mais finalement sujets aux plus intenses débordements du cœur. C’est grâce à un art dénué de tout artifice, comme puisé à l’émotion même, qu’il sait rendre palpitante la plus partagée des banalités et tenir le lecteur en haleine. Car ces êtres — auxquels il ne doit, en principe, plus rien arriver — sont vulnérables à l’amour, à ses joies comme à ses peines, quand même il ne leur viendrait pas à l’esprit de nommer le sentiment qui les traverse et les rend à la vie.

L’auteur

Enseignant à la retraite, Georges Bonnet vit à Poitiers. Poète, auteur d'une quinzaine de recueils publiés depuis 1965 (chez Hautécriture, Folle avoine, La Bartavelle, Le dé bleu, Océanes, entre autres), il a fait ses débuts de romancier à 81 ans avec Un si bel été (Flammarion, 2000), qu'ont suivi Un bref moment de bonheur (Flammarion, 2004), Les yeux des chiens ont toujours soif (Le temps qu'il fait 2006), et Un jour nous partirons (Le temps qu'il fait, 2008).


La presse lors de la première parution

Les amours improbables d’un homme et d’une femme vieillissants. Avec des mots d’une sauvage pudeur, Georges Bonnet s’attaque à un sujet tabou, mais ne traque que l’essentiel : la vie. (Martine Laval, Télérama)
Dans une prose d’une simplicité poignante, Georges Bonnet, poète âgé de 86 ans, saisit au vol les ultimes passions du grand âge... On pense à Jacques Chauviré : même grâce, même paisible douleur, même art d’atteindre, sans y prétendre, à l’universel. (Jérôme Garcin, Le Nouvel Observateur)
Les personnages de ce roman, à l’intensité mesurée et aux fines résonances poétiques, ont sous l’apparence la plus calme, les sens en éveil et sont toujours vulnérables à l’amour et aux débordements du cœur. (Érik Fitoussi, L’Humanité Dimanche)
Georges Bonnet est connu d’une poignée de fidèles. Rejoignez-les pour réapprendre à respirer, à ressentir autour de vous la douceur des choses et la douleur du silence que personne ne viendra rompre, ce soir, demain et tous les autres jours. (Christine Ferniot, Lire)
L’art de celui qui fut poète (et prof d’éducation physique), avant de devenir romancier sur le tard, est tissé d’une émotion à pattes d’oiseau, puisée dans la vie même et dénuée d’artifice. Musique déchirante. (Michel Boujut, Charente libre)


Extrait

J’ai fait un pacte avec toutes les choses qui m’entourent.
Nous nous taisons. Louise sourit sur son canapé. Un souvenir doit la rendre heureuse. Son tricot est pour moi une leçon de patience.
Je suis en bonne santé et mon âge me convient.
Je romps le silence en sachant que chaque mot a son importance.
Nous parlons du présent, parfois du passé, jamais de l’avenir.
Elle dit en soupirant : «Je me sens si fragile».
Ce qui signifie peut-être : j’ai besoin de vous.
Elle me dit encore : «Si vous saviez combien les heures étaient longues et tristes».
Je la vois se fermer aussitôt, se replier sur elle-même, comme si elle avait peur que je me méprenne.
Si nous sommes trop proches l’un de l’autre, elle semble pourtant encore vouloir se protéger d’un péril imaginaire.
Je reste, malgré mon âge, l’homme, qu’on lui a sans doute appris à redouter dès son enfance.
Elle a des alarmes de très jeune fille, et je dois surveiller gestes et paroles.
Si je me penche sur son épaule pour admirer son tricot, sa gêne est inévitable.
Un regard un peu prolongé la met mal à l’aise.
Elle sait prendre un visage malheureux qui me désarme.
Que suis-je pour elle ? Sa retenue est telle que je ne peux rien deviner.
Elle ne m’appelle jamais par mon prénom. Peut-être parce que je lui ai dit ne pas l’aimer. Émile, c’est tout à fait passé de mode, et puis c’était le prénom d’un oncle qui avait mauvaise réputation dans ma famille.
Possède-t-elle des parents éloignés ? Je me demande si sa mère avait des frères et des sœurs. Elle n’en parle jamais. Je ne sais rien de son père qu’elle a très peu connu.
Ses aiguilles poursuivent leur tâche aveugle. Tout vient à son heure. Le regard se pose sans surprise. Chaque recoin, chaque meuble retient sa nuit.
Les journées se passent dans une heureuse monotonie.
Il semble que rien de mauvais ne puisse arriver.

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