Parution Octobre 2017


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Sarah Belmont
Faute(s) de mots


2017. 112 p. 14/19.
ISBN 978.2.86853.626.6

14,00 €

Le livre

«Ce livre aurait pu s’appeler “Des impropriétés de la langue française”. Prétentieux, pédant, poussiéreux ! Rien de tel pour effrayer le lecteur ! Et puis, qui suis-je pour donner des leçons ? Des cours particuliers, à la rigueur. J’en ai dispensés à ce sujet. Malheureusement, hypokhâgne-khâgne à Henri IV est un bagage trop léger pour jouer les linguistes.
Jouer, parce que dans la vie, comme dans ce livre, je joue sur et avec les mots, passion héréditaire. Un jour, en classe, une amie s’est interposée face à des cancres moqueurs : “Laissez-la tranquille ! Ce n’est pas de sa faute, si elle trouve de la poésie dans la grammaire”. Défense imparable ! Cette amie est aujourd’hui avocate.
Pas de ma faute, si j’aime traquer les fautes, les miennes avant toute chose; ce qui m’a joué — moins drôle — de vilains tours par le passé…»


L’auteur

Sarah Belmont est née en 1988, au cœur de Paris dont elle ne s’arrache que pour voyager au loin. Comme son grand-père et sa mère, elle écrit. Dans la presse, pour Le Parisien magazine, Le Journal des arts, L’Éventail, Éléphant magazine… Et pour elle-même. Sur l’art, avant toute chose. En français et en anglais, tout en cultivant le russe et l’espagnol. Les langues sont son autre dada.
Faute(s) de mots est son premier livre.



Extraits

Après «avant que» et «après que»

En français, il y a mode et mode. LE mode grammatical à LA mode «de chez nous», c’est l’indicatif, celui qui indique une réalité. Le Français modèle pourrait pourtant se rappeler l’existence du subjonctif, le mode de l’irréel, des rêves, des espoirs, des peurs, du désir. Le monde des thèses d’un côté, le monde des hypothèses de l’autre. La terre ferme du passé; la terra incognita du futur. Entre les deux, le mont Présent. Face à l’avenir, on se fait de la bile. Grâce aux souvenirs, on fait le bilan. C’est pourquoi «après que», qui introduit une action réalisée, est suivi de l’indicatif. La locution «avant que», à l’inverse, annonce un fait inaccompli. D’où l’emploi du subjonctif. Elle s’accompagne aussi de la Négation, qu’il faut voir comme une Nuance. Les deux mots commencent par la même lettre, c’est pratique. Je m’arrête, avant que cela NE devienne trop compliqué car peut-être NE l’est-ce pas pour le moment. En somme, l’indicatif constate objectivement; le subjonctif se tâte subjectivement. Le mode de l’objet observé contre le mode du sujet qui pense. Pas de question à se poser, quand on sait. Et quand on ne sait pas, on réfléchit. Je doute, donc je suis, non ? Et vous, vous me suivez ?


Des modes immondes

Pas de mode d’emploi pour «en mode», formule moderne, magique, que l’on mange à toutes les sauces. Je ne parle même pas de locution : l’expression est à bannir de son lexique. Pourvu que mon souhait s’exauce. Si l’on estime que l’homme est une machine — dixit Julien Offray de La Mettrie, le philosophe mécaniste — alors elle s’envisage. Quoique dévisagée. Une machine, on la branche sur un mode, et non dans un mode soit — contraction — en mode, pour faire branché. Où est passé l’article ? Disparu dans le mood «in». J’explique en mode calme. Et pourquoi pas calmement ? Idem, on part en mode vacances ou en vacances, tout simplement ? Euh, pardon, «en mode simple»… Le pire, c’est quand la paire fatale tente d’usurper le rôle de l’adjectif attribut. On est décontracté, ou on ne l’est pas. Point ! Nul besoin d’appuyer sur un bouton pour se retrouver en mode décontracté ! Ces fausses béquilles rendent la phrase boiteuse. Souvent, on me parle en mode : «Ouais, attends, tu comprends pas…». Dans ce cas, les deux points introduisent moins un discours qu’un ton que l’on essaie d’imiter. Exit l’intrus «en mode», trop commode, trop facile pour être utile. Qu’on se le tienne pour dit : «en mode…» n’est pas le meilleur moyen d’exprimer la manière en français. Au contraire ! Pourquoi faire simple, quand on peut faire compliqué ?

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