Parution Octobre 2014


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Gérard Mordillat
Sombres lumières
du désir


Poèmes
2014. 264 p. 14/19.
ISBN 978.2.86853.598.6

24,00 €

Le livre

Les poèmes assemblés dans ce recueil sont, pour une part, écrits dans le même élan combatif que le précédent, engagé, militant, réfractaire. Il s’y ajoute deux séries de poèmes narratifs : l’une compose un hommage indirect aux objectivistes américains, l’autre se promène avec impertinence entre le facétieux et l’absurde. Le volume se clôt sur l’évocation de deux figures mythologiques : Jésus et Hamlet, rien de moins ! — écrite avec la désinvolture apparente des meilleurs sati-ristes. Il y a cependant une bien lucide désespérance dans cette poésie décapante, mais à mille lieues de l’esprit de sérieux qui caractérise ordinairement le genre.



L’auteur

Né en 1949, Gérard Mordillat est écrivain et cinéaste. Il a publié de nombreux romans, parmi lesquels L’Attraction universelle, Vichy-menthe, Rue des rigoles, Notre part des ténèbres... Il a réalisé une vingtaine de films : La Voix de son maître, Vive la Sociale !, Cher Frangin, En compagnie d’Antonin Artaud, L’Apprentissage de la ville... et, plus récemment, Le grand retournement. Avec Jérôme Prieur, il est l’auteur de la trilogie documentaire sur les origines du christianisme Corpus Christi. Pour France 2 et Arte, il a écrit et réalisé l’adaptation de son roman Les Vivants et les Morts. Il est également l’un des «papous» de l’émission dominicale de France Culture, Les papous dans la tête.
Il a publié à nos éditions en 2011 un livre de poèmes : Le linceul du vieux monde.




Extrait


LE CŒUR MÉTICULEUX

Regardez ce cœur méticuleux
Remonter le sang de son histoire
L’enfant rebelle l’enfant rouge
Que le jour effarouche bien plus que la nuit
Les yeux grands ouverts
Il observe le monde
Écrit à pleines mains
Cette obscurité où les hommes sont
Lettres noires charbons de nuit
Œil pour œil mot pour mot
Il arrache à la lettre
Ce que d’autres vaincus par l’âge
La fatigue, le désespoir
Ont laissé avant lui

C’est sa tâche son Graal
Sans trêve, sans rêve
Sans rien de trop
Avec qu’un corps en territoire
Qu’une main comme horizon
Il encre l’ici-bas
Ce qu’il vole au Très-Haut
Qui n’existe pas

À chaque pan d’elle-même
Dévoré par le texte
La nuit violente
Renaît de sa ruine
Et s’insurge contre lui
Que rien ne décourage
Il lutte
écrit encore et encore
Dresse page après page
Le réquisitoire
Contre ce qui nous cerne nous envahit
Contre le noir aveuglant
Qui tue et fait tuer
Contre la vie en catafalque
Pompes et cordons du poêle

Combien de temps tiendra-t-il la position ?

À ce que je sais
En cet instant précis
Toujours
Il écrit

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Du même auteur :

Le linceul du vieux monde
La presse

Article de
Jean-Emmanuel Ducoin

(L’Humanité, 28 nov. 2014)