Parution Septembre 2012


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Pascal Commère
Des laines qui éclairent


Une anthologie, 1978-2009
Coll. Les analectes, en coédition avec Obsidiane.


2012. 400 p. 16,5/24.
ISBN 978.2.86853.566.5

28,00 €

Le livre

«Tenté à certaines périodes de dresser, au plus près, inventaire de ce qui nous entoure et n’est riche que de son existence, banale faut-il dire, triviale. Mais concrète, et cependant — en raison de cela — propre à infiltrer le poème d’éléments du réel rejetés d’ordinaire parce que provenant de la vie de tous les jours, et notamment du monde du travail, si peu présent en poésie. Alors que demeure, y compris — surtout — dans les esprits formés naguère aux humanités, une manière d’emphase propre à tout ce qui touche à la terre, et n’imaginant pas qu’on puisse la loger dans des mots qui, prenant en compte rudoiements, crevasses d’hiver aux doigts des saisonniers, font langue de ça, si ce n’est cals. À l’inverse, une lecture par trop distante, et fortement médiatisée, ne retient de la terre que sa fonction alimentaire, certes non négligeable. Qu’en est-il de ceux qui y vivent ? De leur quotidien? Appelé à vivre parmi eux, à partager au quotidien leurs soucis administratifs, notamment, me voici embarqué dans un mouvement qu’un geste d’écriture ramasse, sans autre projet (immédiat) que prendre mesure au présent d’une ardeur ignorant tout d’elle-même.»


L’auteur

Pascal Commère, né en 1951, travaille en Bourgogne. Il vit à la campagne, écrit régulièrement et publie depuis 1978. Bourse Del Duca pour son premier roman (Chevaux, Denoël, 1987) et Prix de poésie Guy Levis Mano 1990. Ses plus récents livres de poèmes, Les commis et Graminées (2007) avaient paru à nos éditions auxquelles il avait précédemment donné deux livres de «salutations» : La grand’ soif d’André Frénaud, 2001, D’un pays pâle et sombre, 2004, et cinq recueils de récits : Solitude des plantes, 1996, Le grand tournant, 1998, Le vélo de saint Paul, 2005, Les larmes de Spinoza, 2009 et Noël hiver, 2010.


Extrait


21


Qu’odeur surie ! Tous pets ardents en la chambrée mobile,
l’abominable braiment de qui croyait
se libérer du monde contraint. Frères de peine — et si la joie
mauvais soleil à partager chaque matin, titubant
balai de feuilles en mains, jour mouillé. Comme d’autres portaient
treillis de bronze rangers délacées,
frappant du sabot le gravier lâche, renâclant
à saluer les néfastes couleurs. Sans fierté
de par le quartier abêti, minaudant en salle des gardes. Et
la relève tarde encore,
pour séduire sur l’autel poisseux déesse Kronenbourg.
Dépenaillé, la gorge au vent — mauvais quart d’heure
pour les mâchoires, tous mots de travers, la partition flottante
contre le buisson d’or gris. Où passait, fanfaronne
l’ombre d’un régiment fantôme : bais et alezans, vieux rouans
rougis sur la sciure défaite — boulets atteints, la gourme
au mors en ses canons d’acier. Et ganaches verdies !


Extrait de «Songe du petit cheval déplacé en terre franque» (2003)

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