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La déposition
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Galerie
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| « Il y a plusieurs moments dans la vie où nous sommes frappés par la foudre, il est arrivé que ce fût pour le pire, il arrive encore que ce soit pour le meilleur. Alors on est ébloui, stupéfait, un peu stupide devant le phénomène. On sent parfaitement l'émotion qui traverse notre corps et qui selon nous élève ou nous défait. Souvent il s'est agi d'un paysage, d'un ciel dont on ne se remet pas à cause des cyprès noirs, à cause des peupliers blancs qui montent la garde devant les montagnes enneigées où vous ne trouveriez pas un col à moins de cent cinquante kilomètres et le monde vous paraît comme vous l'avez imaginé, secrètement, après l'avoir lu, léger et à peu près infini, inexpugnable, décidément présent. Un autre jour le ciel vous foudroie au bord d'un horizon de dunes, elles étaient mauves avant même le soir, d'un mauve encore framboise comme la robe d'une reine du siècle d'or puis sombre malgré le dépôt de jaune sable, et une carte géographique permettait d'évaluer les jours de dromadaire qu'il faudrait pour se retrouver de l'autre côté, puis nous étions endormis (enamourés) sous le toit de tente à travers lequel nous voyions le fameux bol renversé de diamants, de sorte qu'après avoir été ébloui on est gagné par ce sentiment de plénitude qui rend la vie vivifiante. Quand le paysage est urbain, la ville s'appelle Rome ou New-York, et le coup peut venir d'un simple orage de grêle en haut de l'Empire State Building avec les billes de glace qu'on voit dans le Martyr de san Marco. (...) Un après-midi de mai 1999, je marchais rue Jacob quand je vis à travers la fenêtre de la galerie Sabine Puget un vaste panneau bleu et sur le bord de la toile une forme verticale jaune beige et dans le même mouvement une forme blanche plus brève. Le bleu vibrait, méditérranéen. Je restais donc ébloui, confondu. La toile s'imposait, imposait son évidence qui était de l'ordre de la présence, peu importait ce que ce fût exactement. La vue (la vision) avait déclenché une chaîne de sensations (auxquelles sans y être invitée ce qu'on nomme la pensée se mêlait), convoquant en quelques fractions de seconde des images et les mots qui en général les accompagnent. À mi-chemin entre la toile et mon âme , les images surgissaient d'époque variables, du fond des âges et aussi de la veille, me laissant sans que j'y puisse grand chose sur une première impression bouleversée. (...) Ce jour-là, je repartais comblé. La peinture de Jean-Pierre Schneider était entrée dans ma vie (par la grande fenêtre). »
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| Notes d'atelier : 29 mai 1999 Je dessine pour me faire au monde, l'apprendre par cur, par le détail. Peindre pour restituer. Peindre à voix basse. 28 mars 2000 Toute vie a sa part d'ombres. Sans elles, elle serait trop crue, sans plis ni replis, tendue comme une toile qui n'envisagerait que la déchirure. 19 août 2000 La nage parce qu'elle est sans fin entre abandon et obligation. « Au bout du bras du fleuve, il y a la main de sable qui écrit tout ce qui passe par le fleuve. » (René Char) 11 février 2001 Le silence est, quand les mots sont trop courts. 20 février 2001 Jeter une peinture qui échapperait, et la suivre. À un moment donné, la toile doit tenir seule, face à soi. 12 mars 2001 L'eau vide s'étale alors que blanchit l'écart, et creuse au cur du ventre le non atteint, encore. 27 mai 2001 Probablement, les grands peintres abstraits ont libéré la peinture du sujet, ont permis à la peinture d'exister seule, essentielle, uniquement peinture. Par conséquence, ils ont rendu le sujet libre dans la mesure où la surface peinte n'y est pas à nouveau soumise. Usons alors de cette liberté, avec toute la reconnaissance que nous leur devons. Reprendre le sujet est pour moi l'acceptation d'un certain désordre de la vie, de cette vie à affronter, l'acceptation du non parfait, de l'ambivalence, du doute, de la dualité. La poursuite de l'abstraction pourrait mener à une sorte d'épure, irréelle et systématique. 26 août 2001 L'oiseau effacé, non pas gommé et anéanti effacer comme l'on fait pour ouvrir la porte à quelqu'un. Ce retrait vers le fond de l'espace pour lui laisser la place et permettre à l'il d'en mesurer la surface. Cette pudeur du sujet, pourtant dit. 17 décembre 2002 Si la fontaine s'arrêtait de couler, que ferais-je du silence. |
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Exposition Jean-Pierre Schneider à L'Abbaye aux Dames de Saintes (17100) du 12 juillet au 30 septembre 2003
Exposition Jean-Pierre Schneider à Art Paris au Carrousel du Louvre du 26 au 29 octobre 2003 |
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| Jean-Pierre Schneider est né à Paris en 1946. Il partage son temps entre l'Yonne et Paris. Il expose depuis 1969 à Paris, en province et à l'étranger (Galerie Bruno Delarue, Galerie Sabine Puget, au Chambon sur Lignon chez Cheyne éditeur, à Espace Art à Thonon-les-Bains, à Royan et à Saintes... Il participe également à différentes expositions collectives et salons dont le Salon des Réalités Nouvelles, le FRAC Haute Normandie, le Salon de Rouen, le SIAC de Strasbourg, Art Paris au Carroussel du Louvre. Il est aussi scénographe pour des spectacles de danse contemporaine (Chorégraphies de Dominique Dupuy, Arièle Grimm), pour le théâtre (mise en scène de Sabine Larivière, Yvan Chevalier, Thalia Théâtre, Richard Leteurtre). Il est présent dans des collections publiques et privées : FRAC de Haute-Normandie, réalisation de trois stèles (béton et terre), École de Pacy sur Eure, Caixa de Sabadell et Fundacio Banc de Sabadell (Espagne). Daniel Dobbels, Mariane |
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