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Parution Septembre 2006
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| Jean-Loup Trassard Le voyageur à l'échelle Texte et photographies 64 p., 16,5 /24. Septembre 2006. ISBN 2.86853.464.3 22,00 Euros |
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| Tirage de tête : 30 ex. numérotés, accompagnés d'une photographie originale signée par l'auteur 90,00 euros |
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| « Hippolyte Deume se disait natif du bourg de Plaissé, dans la maison où il demeura toujours une large part de lannée. Cependant, ceux qui osent vérifier en mairie les authentiques de cette naissance ny trouvent date ni trace. Au moins sait-on quand il est mort, pense le lecteur, ou lauditeur, sil découvre le personnage à loccasion dun article curieux, dune conférence intimiste. Il faut répondre non, la date reste approximative dune fin survenue, semble-t-il, dans les années quatre-vingts du siècle récemment achevé. Quant à la transcription du décès sur un livre communal, elle fut faite avec lencre de lendroit où il est né, lequel reste inconnu. On constate seulement que ce nest pas Plaissé puisquau moins trois chercheurs ne faisant confiance quà leurs yeux, ou à leurs lunettes, ont en vain feuilleté les registres. Ce fut notre cas. Et la lecture des noms inscrits sur toutes les tombes du cimetière na rien révélé non plus. Hippolyte Deume nétait point parent des familles réunies là sous des noms souvent identiques, quantité de Blin, Buffet, Pirault, Coiffé
Les questions posées aux habitants du bourg nont pas plus fait lever de réponses éclairantes. On nous laissait entendre que tel ou tel lavait assez bien connu mais ces personnes étaient défuntes. Ceux qui auraient été jeunes à lépoque et que nous trouvions en activité petit commerce, artisanat juste acceptaient de dire quenfant ou adolescent, la disparition dun homme sans doute tenu pour vieux ne les avait pas intéressés. Une femme courbée par les ans que notre visite distrayait de sa solitude évidente, au point que lon devait douter dun propos qui peut-être voulait « remercier du dérangement », nous confia, et ce fut la seule : « Jai ouï dire quil serait enterré par là ». |
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| « Poussant la grille rouillée, plus par étonnement cette fois quavec une idée de recherche, nous sommes entrés dans cet enclos oublié, aux tombes anciennes, modestes, malmenées par le temps. Croix penchées, entourages déchaussés, couronnes de perles qui ségrènent, quelques tombes ornées dun maigre genévrier certes toujours vert mais nappréciant guère la terre acide de la région, lune delles même surmontée par deux cyprès peu élevés. Ceux-là sétant rejoints servaient de support à un rosier de petites roses pâles très odorantes qui saccrochait partout et signait le charme ancien du lieu. Il restait des places libres ! Enfin, à parcourir lherbe tout de même entretenue où les tombes se trouvaient plus ou moins rangées, encore une tombe que veillent des buis, une stèle sans croix, plutôt un grand morceau dardoise épais, conservé brut et portant ah ! portant linscription : Ici repose Hippolyte Deume et sur une troisième ligne Il aimait tant la vie . Nous devons le dire parce que cette réaction corporelle fut surprenante : nous avons eu envie de nous agenouiller, tant respect pour le personnage que remerciement aux forces inconnues qui dans la plus parfaite discrétion faisaient un tel cadeau à notre fidélité. Non seulement nous avions trouvé la tombe dHippolyte Deume, mais qui serait allé lenterrer là, encore que la distance à sa maison nexcédât guère cinq kilomètres, sil navait choisi lui-même ce lieu champêtre où terminer sa part déternité, et sans ombre dun doute la stèle ? Là se dévoilait, sous forme de terre, de pierre, et de buis aussi, lune de ses pensées, sinon des plus étonnantes du moins parmi les plus graves. » |
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