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Parution Septembre 2007
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| Corinne Bonnet Le testament sans fin Roman. 2007. 128 p., 14/19 cm. 16,00Euros ISBN 978.2.86853.493.4 |
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| «Angèle vient vers moi comme une enfant va vers une autre enfant un jour de jeux, dorage, de grâce et de passions. Elle na plus dâge, elle a dix ans et sème la confusion dans lordre des filiations
» La narratrice, petite fille de Charles et dAntoinette, fait ici le récit de la vie de trois femmes, mères et filles, qui devront compter avec la mort de lun et la folie de lautre. Elle tente de capter, par une écriture toute en allusions, ce qui se transmet de lune à lautre, le plus souvent dans le non-dit, comme par porosité et elle tire, de ces destins particuliers, les accents universels que le lecteur croira venus de la part la plus intime de sa propre histoire. |
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| « Un matin, Charles et Antoinette partent à motocyclette dans la campagne. Antoinette concédera un jour le récit de cette part intime de leurs amours. À sa manière folle, fantasque, très vite refermée sur la totalité que porte en soi lévénement. Il vient la chercher, on entend le souffle du vent que provoque la vitesse. On imagine la route étroite, zigzagante, le soleil, sa chevelure, le bruit du moteur. Il la couche dans lherbe. Ils sébattent. Elle a pris soin de son apparence quil foule sans y prêter garde. Peu importe, leurs peaux se touchent, leurs désirs sefflamment. Dans son récit, elle coupera court, dira très vite quà un moment le collier de perles blanches quelle porte à son cou se rompt. Les perles se répandent. Ils saccroupissent, les retrouvent une à une, les rassemblent, se concentrent à cette tâche comme sils peuplaient la terre dans un acte damour. Elle dira pour conclure quelle était belle et que de sa beauté me vient la mienne. Origine tellurique, orageuse, sur laquelle souvre ma vie. Parole concédée dans un moment de profonde gravité qui ne resurgira plus, regard concentré de façon inattendue sur la fillette gauche et maladroite quelle avait devant elle, Dans un autre récit, Antoinette dira les vacances en tandem. Vient et se referme aussitôt lévocation précise des pieds et des jambes, des muscles tendus par leffort, les rires, les têtes libres de toute pensée, goûtant seulement le plaisir inouï dêtre en vie. Le soleil et le vent. De tout le reste, je ne saurais rien, jamais. Le silence fut constant. Rien sur linstallation de Charles et dAntoinette dans la grande maison dAix. Rien sur la naissance de chacune des trois fillettes, ni sur leur vie commune et lalchimie de leurs désirs. Jen ressens simplement encore limmense tendresse, le lait maternel, le courage pacifié des jours et des nuits, » |
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