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Parution Septembre 2005
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| Jean-Marie Kerwich L'ange qui boite précédé de Les jours simples Proses. Préface de Lydie Dattas Septembre 2005, 168 p., 14/19 cm 17,00 Euros. ISBN 2.86853.439.2 |
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| « La moisson te fait payer très cher ta soif. Le soleil te fait comprendre que l'eau est un trésor précieux. Chaque goutte d'eau est de l'or. J'ai vu des jeunes gens pleurer pour avoir de l'eau, abandonner la fourche, et ne pas même se retourner pour récupérer une gourmette en or tombée d'un poignet. |
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| « Jean-Marie Kerwich arrive dans le langage par un chemin vierge, que nont foulé avant lui ni les religieux, ni les lettrés, ni même étrangement les poètes. La joie si pure que donne son écriture angélique vient de ce quelle ne lui fut pas enseignée par les hommes mais par le ciel. Son verbe en porte linfalsifiable cachet azuré. Cette joie est aussi celle quéprouve le voyageur perdu devant une oasis. Comment ne pas entendre, dans la désertification spirituelle grandissante du monde, sa voix comme le murmure inespéré dune source ? Une fois de plus cest le sauvage qui nous instruit, le blessé qui nous soigne, le déshérité qui nous comble. » Lydie Dattas |
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| « Jai vu un ange qui boitait. Il mest apparu simplement : jétais assis sur un banc et je voulais allumer du tabac. Lange me vit et vint allumer mon tabac. Je sais maintenant que tous les hommes devraient boiter. Mais qui en ce monde mériterait davoir cette magnfique démarche ? Les prétentions, les audaces, les parades sont à présent à mes yeux les vraies infirmités. ( ) La douleur était mon professeur de lettres. Jétais le premier des derniers, au fond de la classe. Je me revois les bras croisés sur mon pupitre. Sur mon cahier jécrivais des pensées qui ressemblaient à des chemins de blé. Chaque phrase était pareille à une feuille morte ou un caillou qui devenait un poème quand je ne savais même pas ce quétait un poème. ( ) Parfois je voudrais offrir à ma pensée de jolis mots pour la vêtir, mais elle n'en veut pas : si je maquille ma vérité, le maquillage ne tiendra pas sur le visage de mon poème. » |
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