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Parution Septembre 2004
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| Éric Pistouley Lettres de Ré Roman. Précédé d'un avertissement. Septembre 2004, 80 p., 13/17 cm 10,00 Euros. ISBN 2.86853.399.X |
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| « Ces lettres sont des lettres volées. Jai fait cela pendant des années, dévaliser les boîtes électroniques. Sans rien emporter, sans que le destinataire nen sache rien. Par jeu, par envie de voir à travers les murailles. Rien ne marrêterait. Jai appris des langues, des tas de langues rien que pour traduire les petits secrets de parfaits inconnus, mais au bout je croyais entendre le murmure de toute la terre. Et puis jai surpris une lettre damour. On en rencontre tant !, et si lon compte toutes celles qui ont pu sécrire depuis que lhomme écrit Mais voilà, celle-ci, je suis tombé dans le vieux piège, jai attendu la suite. Il ny en a eu que quatre. » |
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| Ces mails sont des lettres damour intense écrites par une femme qui évolue entre Paris et lîle de Ré, adressées en Nouvelle-Zélande à un homme qui ny répond pas. Cette épistolière nest pas une religieuse, cest peut-être une artiste, cest sans doute une amoureuse moderne hors du temps néanmoins, en dépit même de l« expérience » sentimentale qui est la sienne et du regard désabusé quelle finit par porter sur ce quelle éprouve. |
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«
On savait ce quon gardait de lautre ensuite, un bout dillusion quon avait démasqué, une vieille cachotterie insignifiante quil avait emportée ; je pensais à ce quil dirait de moi à dautres amantes. Je me trompais peut-être, mais eux aussi ont dû se tromper. Tandis que je ne parviens pas à imaginer ce que tu gardes en toi, jignore ce que tu mas pris, je sens que je continue de vivre en toi, car je ne vois pas clairement ce que je fais ici à part técrire, à part finir dengloutir ce peu qui mappartient encore dans ces mots qui vont être lus par toi. Que vas-tu faire de ça ? Que vas-tu faire de moi ? Pourquoi ce petit bout sans vie qui est là est-il coupé du principal, ce que tu as gardé ? Pourquoi ce rien que tu as négligé ( que je tai empêché de prendre ) est précisément ce qui peut parler, et penser, et souffrir ? Que jécris mal ! Auras-tu envie de prendre ces mots, de tout réunir
Les reconnaîtras-tu seulement ? Dis-moi quelque chose par pitié ! »
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