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Parution Octobre 2006
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| Jean-François Bonhomme & Gilles Ortlieb À eux mêmes inconnus Texte et photographies 112 p., 21/27. Octobre 2006. ISBN 2.86853.462.7 35,00 Euros |
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| Tirage de tête : 30 ex. numérotés, accompagnés d'une photographie originale signée par l'auteur. 140,00 euros |
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| Ce livre ne pose, au fond, quune seule question : quest-ce quun portrait ? Que voit-on, que lit-on dans la pose, dans les traits de celui qui a été photographié ? Jean-François Bonhomme ny répond pas par une anthologie, ni par un album, encore moins par un whos who des arts et des lettres. Non, son livre est à feuilleter plutôt comme un « atlas dexercices », pour reprendre lexpression de Walter Benjamin à propos dAugust Sander ; dexercices dapproche. Ni « art sorcier » ( Marguerite Yourcenar ), ni « art moyen » ( Pierre Bourdieu ), ni « pratique denvoûtement » ( Michel Tournier ), ni « sous-espèce de lalchimie » ( Susan Sontag ), ni « explosante-fixe » ( André Breton ), la photographie telle quelle est pratiquée ici semble avoir, dabord, voulu permettre aux modèles choisis de répondre, chacun à sa façon, à cette question vertigineusement simple : quest-ce quun portrait ? Pas de prédation, aucune intrusion donc, mais plutôt le résultat dune transaction mentale, qui semble aussi avoir été la règle avec les personnages capturés à leur insu, tels ces gardiens des colonnes de Louqsor ou une vendeuse de laine sur un trottoir dAthènes. Comme si lapproche avait été, dans chaque cas, bien trop précautionneuse pour se prêter à aucune forme de grivèlerie photographique dont dautres objectifs que le sien auraient parfois tendance à faire un genre en soi. |
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| « En chacun de ces portraits, Jean-François Bonhomme se situe à mi-chemin entre un Nadar (« le portrait que je fais le mieux est celui de la personne que je connais le mieux » ) et ceux qui déclarent ne pouvoir bien photographier que des inconnus. Cest quil y a dans ses images, en proportions variables, la part invisible du travail ( les circonstances, litinéraire qui ont dicté ces prises de vue, lont porté au-devant de certains paysages ), et la part du travail invisible, cest-à-dire la relation établie entre le photographe et ses modèles. On ne trouvera pas là, pour autant, trace dune mise en scène : le premier est allé à la rencontre des seconds dans leur environnement naturel et, pour esthétique quen soit parfois le décor ( lorsquil sagit, comme souvent, dun atelier dartiste ), il lest involontairement, de façon non préméditée. Toutes les conventions habituelles du portrait sont dailleurs ici respectées : pose de face ou de profil, en lumière naturelle ou artificielle selon le cas, sans éclairage dappoint ni artefact technique. Une grande simplicité de moyens, comme pour mieux sassurer que rien ne viendra sinterposer entre le portraitiste et son sujet, encombrer la distance variable qui les sépare. Si lon en vient, sagissant des portraits, à la distinction fondamentale pointée par Susan Sontag, entre les modèles qui savent quon les photographie et ceux qui, lignorant, conservent sur leur visage « quelque chose de privé », il va de soi que la quasi-totalité des portraits rassemblés ici ressortissent à la première catégorie. Même si beaucoup se joue dans la distance consciente, délibérée, que certains prennent soin de garder avec lobjectif qui les vise. Cest lacquiescement à limage qui fait dabord, on le sait, limage. Et si certains modèles frontaux, quelques-uns très peu, semblent devancer leur métamorphose en deux dimensions, la majorité ont privilégié la présence complice, laissant le photographe investir librement leur atelier ou leur bibliothèque. Ou se montrent au travail, sans pour autant prétendre avoir été surpris en plein travail ; ce que suffit, souvent, à véhiculer la passerelle dun regard. » |
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