Parution Octobre 2008
 

* Né en 1937, d'abord mécanicien dans l'industrie textile lyonnaise, Georges Fessy a pratiqué les différents genres de la photographie (publicitaire, de mode, ou industrielle). Il est devenu l'un des principaux photographes français d'architecture.
Il a participé à de très nombreux ouvrages dont parmi les plus récents : Patrimoine ferroviaire ( avec Claudine Cartier, Scala 2007) Patrimoine industriel (avec Emmanuel de Roux, Scala, 2007), Le Château de Chantilly (avec Jean-Pierre Babelon, Scala, 2008),

Georges Fessy, photographe d'architecture
36 photographies en quadrichromie et vernis sélectif. Textes de Gérard Monnier et Danielle Benzonelli.
Octobre 2008. 64 p. 20/30. — 25,00 Euros.
ISBN 978.2.86853.509.2

Coédition avec La Photographie à Aix en Provence

Ce livre sort à l'occasion de l'exposition des photographies de Georges Fessy du 17 octobre au 31 décembre 2008 au Pavillon de Vendôme à Aix-en-Provence.

Né en 1937, d'abord mécanicien dans l'industrie textile lyonnaise, Georges Fessy a pratiqué les différentes disciplines de la photographie (publicité, mode, illustration...) avant de devenir un des principaux photographes français d'architecture.
Manifestement aussi à l'aise dans la représentation d'édifices appartenent au patrimoine que dans celle de constructions toutes récentes, il montre une réelle connivence avec les architectes mais sait honorer la commande en préservant ses prérogatives d'artiste.
Il a choisi pour ce livre trente-six images, de bâtiments anciens, modernes ou contemporains, qui représentent la quintessence de son œuvre et sont une parfaite illustration de son regard à la fois rigoureux et sensible.
«Photographier des édifices exige beaucoup du photographe : venir sur le site, composer avec les saisons, les jours, les moments, observer un objet qui absorbe et réfléchit à sa façon, chaque fois différente, les lumières, et puis pénétrer, parcourir l'édifice, en arrêtant la vision sur une sélection propice de lieux et d'apparences. Des opérations qui demandent une longue suite d'actes physiques, de marches et de contre-marches, de décisions calculées pour réduire l'improbable, et qui exigent plus de l'homme de métier que du néophyte, pressé et laconique. Quelques rares images, prises par des tiers, témoignent de ces difficultés : en 1907 Fred Boissonnas, perché sur une immense échelle double, tenue par des haubans, pour photographier confronté aux métopes du Parthénon ou Bernd Becher pendant une prise de vue. Et encore : ces images se fixent sur le point d'arrivée, et ne disent rien sur tout ce qui précède.
Bien peu nombreux sont les photographes d'architecture qui livrent des témoignages sur cet aspect de la pratique ; ses propos ayant laissé des traces précises dans un colloque, en 1999, le témoignage de Georges Fessy est substantiel.
Il nous apprend que son métier se confond d'abord avec l'énergie et la patience acharnée qu'il mobilise sur un site. Le travail sur commande peut le conduire à un investissement lourd, à des séries de prises de vues interminables : cinq mois sur le chantier de l'Institut du Monde arabe, parce que “le bâtiment était surprenant” ; huit semaines à Tel Aviv pour photographier les bâtiments des années 1930, tels qu'ils avaient été transformés par le délabrement, les travaux improvisés : “J'ai failli partir au bout de huit jours, déprimé (…) ; j'ai eu vraiment une expérience très, très dure, mais intéressante” . La plupart de ces commandes sont la source de grandes satisfactions :

J'ai toujours eu la chance d'avoir du temps pour revenir sur mon sujet et c'est fondamental pour vivre le lieu, le bâtiment. Je suis probablement un enfant gâté avec mes cartes blanches et j'ai dû prendre de mauvaises habitudes, mais lorsque par malchance on ne me laisse que deux jours pour intervenir sur un bâtiment, j'ai le sentiment de ne pas couvrir mon sujet comme il le faudrait ” 4.

Pour les Salines d'Arc et Senans, il travaille sur le site pendant quatorze mois, par séquences d'une à plusieurs journées, pour le Grand Hornu, pendant douze mois. Il admet que la suite des saisons et des ambiances atmosphériques apparente son observation à celle du paysagiste.
Cette donnée est importante aussi pour aborder la question de la relation avec l'architecte : on saisit quel écart sépare les intérêts du photographe de ceux de l'architecte. Car, dès que l'édifice référent sort du champ patrimonial, la question de son identité photographique se transforme. La demande est en effet celle de la qualification par la photographie d'une " architecture d'architecte ", avec tous les enjeux professionnels qui en découlent. Ce qui fonde cette relation est d'abord la dimension documentaire de la commande photographique : organiser dans une séquence cohérente les informations utiles pour montrer les principaux aspects d'un projet réalisé, pour caractériser la maîtrise de la conception, la rigueur du contrôle de la construction, la plénitude des effets produits. Une démarche qui implique la connivence du photographe avec l'architecte.

(Gérard Monnier)
Centre de secours, Nanterre, Jean-Marc Ibos et Myrto Vitart architectes, 2004
Bibliothèque François Mitterand, Paris, Dominique Perrault architecte, 1995.
Château de Fontainebleau, escalier ou “degrés en fer à cheval”, Philibert de l'Orme, XVIème siècle et
Jean Androuet du Cerceau, 1632
Galerie Lafayette, Berlin, Jean Nouvel architecte, 1996.
Piscine olympique, Berlin, Dominique Perrault architecte, 1999.
Familistère Godin, Palais social, Guise, seconde moitié du XIXème siècle