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Parution Novembre 2005
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| Michel Boujut Vues rapprochées Chroniques de Charente libre (2002-2003). Préface d'Ivan Drapeau 128 p., 14/19. 2005. ISBN 2.86853.434.1 15,00 Euros |
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| Michel Boujut qui donne chaque samedi depuis quelques années une chronique au journal Charente Libre en a choisi une cinquantaine pour composer ce tableau tour à tour tendre et ironique de la vie contemporaine. Le cinéma, la littérature et les soubresauts de la société, qui sont la toile de fond de ces pages, nisolent jamais lauteur de la vie ordinaire. Dans un constant aller-retour entre lactualité et les souvenirs de son enfance marquée par la guerre finissante, ceux-ci éclairant celle-là ou vice versa, cest tout un monde dêtres humains, fameux ou anonymes, qui prend corps sur la scène de ce petit théâtre sans complaisance, où la noblesse de lâme le dispute constamment à la lâcheté ou à la bêtise. Calme refus des convenances de la pensée, vigilance intellectuelle ou simple bon sens paysan, ces vues, familières mais pas si rapprochées quil y paraît dabord, ont une salutaire liberté de ton qui nous rappelle à notre élémentaire devoir de liberté ( tout court ). |
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| « Une coupure de presse de la Petite Gironde ( lancêtre de Sud Ouest ) en date du 24 février 1936. Cest un article signé Maurice Hennessy ; il commente une interview de Jacques Chardonne parue dans le journal parisien Candide, dans laquelle lécrivain charentais chante le cognac de son terroir. « Peut-on rêver réponse plus élégante, demande M. Hennessy, à ceux qui voudraient représenter le cognac comme un poison et les commerçants de notre région comme autant de patrons dassommoirs ? » On nest pas surpris que le « commerçant » Hennessy rende ainsi grâce à lécrivain Chardonne. Quécrivait donc celui-ci sur les négociants en eaux-de-vie de son enfance ? Ceci entre autres : « Ils soignaient avec amour un produit parfait et le cédaient avec tout lappareil des antiques coutumes de lhonneur
Ils ont fait vivre dans laisance un peuple de paysans très fiers et dont la maison était en pierres de taille
» Idyllique, nest-ce pas ? Lordre social baignait dans le paternalisme comme les cerises dans lalcool ! La société jarnacaise des années 30 était moins scindée entre deux cultes ( le catholique et le protestant ) quentre deux classes : celle des possédants et celle des « possédés ». Cétait réglé comme du papier à musique. Les femmes à la mise en bouteilles, les hommes dans les chais et leur progéniture, avec un peu de chance, dans les bureaux, un jour. Chacun à sa place, une place pour chacun. Les « gueules noires » du charbon avaient droit à la silicose, eux à la cirrhose du foie ! Risques du métier
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