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Parution Novembre 2009
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| Marie Huot Récits librement inspirés de ma vie d'oiseau Poèmes Novembre 2009, 80 p., 14/19 cm 16,00 Euros. ISBN 978.2.86853.526.9 |
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| Les Récits librement inspirés de ma vie d'oiseau terminent la trilogie ouverte par Absenta, poursuivie par Chants de l'éolienne. Comme les précédents, ce recueil est une boîte emplie de voix perdues. D'énigmatiques personnages sont ici rassemblés pour élever leur voix et raconter une histoire qui est peut-être la leur. Rassemblés mais très égarés dans leur solitude. Ils frappent, chacun contre la boîte pour y glisser leur petite chanson. Ils sont nombreux, Icare, l'alouette, la femme-saumon, le montreur d'ours, la lingère et tous ces autres de ma vie d'oiseau auprès de qui je chante. Ils se tiennent debout, immobiles, ils cherchent des yeux un lieu pour y déposer leur parole, comme les oiseaux les nids. Un lieu pour élever enfin leur voix. Tandis qu'un chur de sirènes, plus bas, recoud point à point le chant des égarés.
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| Un chur de sirènes traverse cette vie. |
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| Je suis lhabitante Jalimente le feu du milieu de mon corps De papiers froissés de chansons anciennes De ce corps éclairé je suis lhabitante De cette vie tenue là près dun feu Je suis lhabitante Tel un poucet très patient Je me suis réfugiée Autrefois jai trempé mes seins ( le bout de mes seins ) Dans leau dun lac paisible Mes nuits étaient peuplées Et chaque bête qui traversait mon rêve Portait une prophétie Autrefois Javais promis de ne rien dire De tout ce quil métait donné de voir Et ainsi passaient les hivers silencieux Jétais une enfant-facile Jallais au-devant de ceux qui habitaient là Et qui tous une fois au moins Avaient croisé la route dun sanglier
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Cette nuit, éveillées, nous avons guetté d'une même oreille le fracas terrifiant de la proue qui déchirait l'horizon.
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| Je suis la riveraine Aux questions de lhomme qui ma ouvert la porte Je ne réponds pas Ou simplement dun heureux geste de la main Je ne veux pas que tout de suite il memporte Dans son obscurité Du silencieux monologue de lhomme je suis la riveraine Me laissera-t-il entrevoir les rues basses de cette ville Et le port par lequel il rêva de partir ? Me laissera-t-il évoquer ce quai où les marins russes Nous offraient des médailles ? Je voudrais retrouver avec lui Le violent souvenir de quelques bateaux sabordés La nuit où lâme de mon grand grand-père Sombra corps corps et âme dans leau glacée Alors je me coucherai Soucieuse de notre commun lignage Je métirerai considérablement au bord de cette mer enclose Je serai un lit pour son corps Une barque pour ses rêves Et il me traversera pour rejoindre ses deux horizons |
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« Avons-nous connu la grâce et la fraîcheur dêtre ? » demande notre sur
« Avons-nous connu la joie vorace de toute bête vivante ? » Quelque chose qui est notre réponse le vent emporte |
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