Parution Novembre 2007

* Richard Texier recrée à sa manière une image poétique du monde. Le résultat magistral confirme la singularité, la force et la nécessité d’une œuvre qui s’inscrit profondément dans le panorama de l’art contemporain. Il utilise pour exprimer son univers la peinture, et la sculpture qui a pris beaucoup d’importance dans son travail ces dernières années.
Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées, tant en France qu’à l’étranger. Les plus grands musées dans le monde lui ont consacré des expositions : musée national de Taïwan, musée du Luxembourg et musée de la Marine à Paris, musée du Botanique à Bruxelles, pavillon de la Culture à Moscou et musée des Beaux-Arts de Shanghai.
Plusieurs monographies ont été publiées aux éditions de La Différence, Palantine, Flammarion, Somogy...
Son œuvre sculptée trouve de grands échos aujourd’hui en Asie et aux États-Unis.

*Romancier et nouvelliste, membre du comité de lecture des éditions Gallimard, Jean-Marie Laclavetine a obtenu de nombreux prix littéraires dont le prix Goncourt des Lycéens en 1999 pour Première ligne et le Grand Prix de la nouvelle de l’Académie française pour Le Rouge et le Blanc, un recueil de nouvelles consacré à l’univers du vin.
Il est aussi l’auteur d’une pièce de théâtre, Le Voyage au Luxembourg, créée par Miou-Miou au théâtre de Chaillot en janvier 2000, et d’un livre sur la Loire, Mille kilomètres de bonheur (National Geographic).
Dernier ouvrage paru : Petit éloge du temps présent (Gallimard, 2007).

Jean-Marie Laclavetine
Richard Texier

Peintures et Texte.
80 p. 21/27.
2007. ISBN 978.2.86853.499.6
25,00 Euros


Ouvrage hors distribution Sodis, à commander directement chez l'éditeur.


« Il voit la vie partout. Dans le nuage qui balance au-dessus du ponton, dans l’algue brune qui dodeline à la surface de l’eau, dans les baraques de ciment qui s’étiolent aux rives de l’estran, dans chacun de ces objets qui lui sautent aux mains — morceaux de bois vérolés par l’amour vicieux du temps, coquillages, cailloux, cordages étiolés dont les pendus ne veulent plus -dans le train train des marées.
En vous aussi il voit la vie, pour peu que vous vous relâchiez, pour peu que votre regard se fasse vague, que vos lèvres s’entrouvrent au forcing des embruns, en bon chasseur, il la voit, et méfiez-vous, il pourrait bien la réveiller. »
Cet ouvrage publié à l’occasion d’une exposition organisée par la ville de Saint Gaudens, présente 34 œuvres récentes de Richard Texier réalisées d’avril à septembre 2007.

 

« Chaque toile est semblable au vaste filet carré qui patiente, suspendu aux câbles du ponton. De temps à autre, le peintre le plonge dans le lait de l’estran, et lorsqu’il le remonte on voit au fond scintiller une poussière d’astres : des poissons, dirait-on, ou plutôt un tableau. Peindre, ce n’est pas autre chose, plonger un rectangle vide dans l’inconnu qui bouillonne, et le remonter tout vibrant de couleurs et de formes. La peinture est la variante mentale de la pêche au carrelet. »

« Il peint, et nous parlons, à moins que ce soit le contraire. Nous : ceux qui passent, ceux qui sont là sans être là, ceux qui ont apporté un livre ou une image ou un poème ou un silence. Peut-être sans le savoir fournissons-nous au peintre la matière et la couleur dont il avait besoin. Peut-être la peinture ne lui vient-elle pas de l’intérieur, en un jaillissement d’instinct, peut-être va-t-il la puiser alentour, en nous qui sait, peut-être son allure de géant débonnaire cache-t-elle une sorte d’ogre aVamé, prêt à s’emparer de toute trace de vie. Ce serait une belle fin, pour nous qui ne savons que faire de tant de couleurs et de formes, nous que la beauté encombre. »