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Parution Janvier 2007
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| Emmanuel Berry Les oiseaux de Sens 30 photographies imprimées en deux tons + vernis sélectif. Texte de Pascal Commère. 80 p. 21/25 cm. 2007. ISBN 978.2.86853.469.9 25,00 Euros |
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| Tirage de tête : 30 ex. numérotés sous coffret toilé accompagnés d'un tirage piezo signé par l'auteur : 150,00 euros |
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| Emmanuel Berry a photographié la collection doiseaux naturalisés du Musée de Sens, « formes danimaux définitivement non voyants », méthodiquement offerts à nos fantasmes encyclopédistes et pourtant sentinelles semblant guetter pour léternité et nous renvoyant face à nous-mêmes. Ses drôles de portraits sont accompagnés en rien éventés par la prose frappante et sensible de Pascal Commère qui leur fait escorte dune fiction traversée doiseaux, vivants ou morts, et riche dune profonde tendresse pour le destin des hommes les plus humbles et silencieux. |
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« Cette année-là les oies ni les grues ne passèrent. Du moins on ne les remarqua point. Lhiver débuta le huit décembre dans la nuit, je veux dire que la neige commença à tomber cette nuit-là. Pleine de désinvolture et de grâce, celle même qui lhabite quand elle tombe. Mais le mot est sans doute mal choisi. La neige ne tombe pas, elle voltige. À ceci près que pour nous, lhiver avait commencé bien avant. Ou, pour être clair, avec la maladie de Maurice, à peine lavait-on détectée, cest-à-dire nommée et comment ne pas mentionner les examens, lattente des résultats, émus que nous étions encore par la naissance de notre fille, trois mois auparavant. Quon me comprenne. Je ne cherche pas à confondre des événements étrangers, moins encore à les relier par un fil ténu. Simplement, un mois après ma visite au Muséum un mois jour pour jour mon beau-père entrait à lhôpital. De ce jour, il ne se passa pas un seul instant sans que je pense à cette journée. Il faut le dire. Jusqualors javais vécu dans les trous, à lécart du temps. Orvet fragile ( Anguis fragilis ), varan, dragon volant, emyde ornée, gecko des murs
Lautomne nous rapproche de certains êtres, comme eux nous disparaissons parmi les feuilles. Iguane aux couleurs changeantes, ma gorge frémissait. Je le répète, jétais venu au Muséum sans savoir ce que je cherchais. Une étrange impression persistait en moi, dont je définissais mal la nature ; une présence dont je ne savais rien. Quelque chose venait de mêtre révélé, comète fragile du moins jen avais reçu le message. Fuyant la lumière électrique, mon regard se tournait vers lombre.
Puis jétais ressorti. Unique visiteur de la matinée, la gardienne avait eu pour moi à midi un sourire de connivence. En vérité, les oiseaux seuls me retenaient. Dentrée jen avais reçu cette image de guetteurs dont ils ne se séparent pas ; elle na cessé de me poursuivre depuis. Je navais pas encore assuré la garde à mon tour. »
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