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Parution Novembre 2004
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Jacques Chauviré
Journal d'un médecin de campagne (1950-1959) suivi de Funéraires Novembre 2004. 136 p., 14/19 cm. 16,00 Euros. ISBN 2.86853.413.9 |
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Le journal inédit que Jacques Chauviré nous livre ici est un document de grande valeur sur un monde presque totalement disparu, et sur la vie intérieure dun homme remarquable.
Tenu pendant dix ans juste avant la publication de son premier roman , il alterne les observations médicales et les réflexions littéraires. Il vaut également par lun et lautre aspect, qui se répondent en écho. Compassion devant la douleur, refus obstiné de la mort dialoguent avec les traces pudiques dune recherche spirituelle soutenue, nourrie par lamour de la campagne et la fréquentation des livres. Ses riches échanges avec Jean Reverzy et Albert Camus ne détourneront pas le médecin dévoué de la mission quotidienne quil sest donnée, ni ne briseront son isolement. Il écrira, sans fréquenter le monde des Lettres, comme pour approfondir son unique objet de préoccupation : la condition humaine. De celle-ci, Chauviré a une vision plutôt sombre dont il donne la mesure dans la suite de proses intitulée Funéraires : dix morts minuscules, exemplaires, et forcément inacceptables. |
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« 11 novembre 1951. Je nai pas fréquenté la mort à lhôpital ou, si je lai fréquentée, je nétais pas seul avec elle. Médecin plus quhomme. Même la guerre ne ma rien appris sur elle.
Mais lhôpital et la guerre mont beaucoup enseigné sur lhomme mort : le cadavre. Jy reviendrai peut-être. Je nai su ce quétait la mort que lorsque jai commencé à exercer la médecine, à assister des mourants, à être confronté à lagonie, dans une chambre, auprès dun lit, auprès du désarroi des proches et dans le mien. 15 novembre 1951. Malgré les progrès fulgurants que la physiologie est en train daccomplir ce temps est et sera longtemps celui des guérisseurs.Le positivisme scientifique a vécu dans lopinion. Il a conçu trop darmes pour la guerre.Que dire de ce temps où le Saint-Siège proclame le dogme de lassomption de la Vierge, où le pape lui-même fait état de signes célestes quil a lui-même observés, où les lieux de pèlerinage sont envahis par des multitudes, où lon assiste enfin, dans lart de guérir au renouveau des pratiques occultes. La Science les a tous déçus. 16 novembre 1951. La mort est une parturition laborieuse qui se prolonge souvent pendant plusieurs semaines ou plusieurs mois. Accoucher de son âme serait plus exact que rendre lâme. 18 novembre 1957. Le médecin est un personnage qui va, lhiver, de maison en maison, pour se réchauffer les oreilles à la poitrine denfants fiévreux. » |
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