Parution Novembre 2006



*Débutant sa carrière lors de la libération de Toulouse, Jean Dieuzaide a consacré sa vie entière à la photographie. Spécialiste de l’architecture, et plus particulièrement de l’Art Roman, il a parallèlement mené une foisonnante activité d’illustrateur pour de nombreux éditeurs français et étrangers. Considéré comme un photographe humaniste pour ses travaux sur l’Espagne, le Portugal ou la Turquie, il est également l’auteur d’une importante recherche plastique autour de la nature morte. Disparu en 2003, il demeure aujourd’hui encore le seul photographe titulaire des deux prix Niepce et Nadar, présentés comme le Goncourt et le Renaudot de la photographie. Son œuvre est estimée à près d’un million de négatifs. Nous avons publié D'autres images (2001), Lourdes (2004), Une vie de photographes (2004) et Les Dali de Dieuzaide (2005). Une vitrine lui est consacré sur ce site : DIEUZAIDE

Jean Dieuzaide
Le pays catalan

170 photographies imprimées en deux tons + vernis sélectif.
Texte de Michel del Castillo.

192 p. 21/25 cm.
2006. ISBN 2.86853.468.6
33,00 Euros

« Nul doute que Jean Dieuzaide ait été l’un de ces artistes pour qui l’objectif aura été le prolongement de sa pensée. Sans cette idée, ses photographies ne seraient que des documents. Mais elles transcendent l’a-necdote par ce sentiment d’une unité qui commande les choix techniques.
Je n’ai pas oublié la grandeur austère de la vision que Jean Dieuzaide a su rendre de l’Espagne et du Portugal des années 50-60, avec sa misère seigneuriale, son architecture impassible, sa géométrie funèbre. Ses photographies s’offrent comme une méditation sur l’identité morale de ces pays, sur leur conservatisme orgueilleux. »

Michel del Castillo

« Je ne suis pas surpris de retrouver dans sa vision du Roussillon et des terres catalanes ce parti pris à la fois admirable et angoissant. Ce qu’il dégage de ces paysages, de ces villages, de ces femmes et de ces hommes, des monastères et des abbayes, des humbles églises de village, c’est l’unité mélancolique de la Méditerranée catholique. De Cadix à Perpignan, de Lisbonne à Toulouse, de Narbonne à Séville, Jean Dieuzaide voit, derrière le flamboiement des apparences, une dévotion sévère.
Le style, c’est un point de vue soutenu avec fermeté. Jean Dieuzaide n’a cessé toute sa vie de se portraiturer en montrant, non le monde tel qu’il est, mais tel qu’il devait être selon lui. Il y a dans ses photographies une aspiration épique. Une technique proche de la photogravure, avec des ombres accusées, des contrastes durs, avec une majestueuse immobilité qui renforce le sentiment d’une unité méditée. Certaines photographies s’arrachent à la réalité, lithographies d’une géométrie spirituelle. Elles disent la permanence de l’ordre catholique, son dolorisme abdiqué. Qu’on partage ou non cette vision, on ne saurait la contester, puisque l’artiste nous la rend sensible. »

Michel del Castillo