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Parution Novembre 2006
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| Claude Pauquet Au bout des certains 43 photographies précédées d'un texte de Dominique Moncond'huy et d'une préface de Christian Caujolle 2006. 64 p., 23/29 cm. 22,00 Euros ISBN 2.86853.474.0 |
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| « Claude Pauquet travaille ici aux lisières : ce nest pas exactement la terre quil montre, telle ville, tel village ou tels champs ; ce quil cherche à saisir, cette espèce dentre-deux, cest la manière dont lhomme a investi cette lisière, la marquée de sa présence ; la manière dont il lhabite et dont il entend laisser trace. Dont il lhabite mais comme un passant, ou comme en passant : cette terre-là, on le sent, nest pas sienne, il ne saurait tout à fait y planter ses tentes à moins, justement, quil ne sagisse que de tentes, tôt emportées par les vents, quand bien même on les draperait de la dignité supposée de ce qui paraît ferme et dur, coquet parfois, jusquau possible ridicule des couleurs disharmonieuses, des petits arrangements humains, trop humains pour nêtre pas voués aux sables et aux souffles. Rien de bien solide, en somme. Lhomme semble ny avoir édifié que des postes avancés, quil visiterait de temps à autre plutôt que de sy installer vraiment. Oui, des postes avancés, des postes de guet, comme une conquête entreprise mais toujours abandonnée, trop inégale. Locéan est chez lui. » Dominique Moncond'huy |
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| « Claude Pauquet a choisi deffectuer un parcours : de longer ce bord, cette limite certes différente, dune région à lautre, et même dune ville à lautre, dune anse à lautre, mais dont il cherche à saisir un trait commun, ce qui fait quon est toujours au bout du monde, dans cet espace de guetteur ou cet espace à conquérir, pour qui viendrait des profondeurs de locéan. Puisque parcours il y a, le long des marches , une symbolique aurait pu être déployée du Nord au Sud, ou du Sud au Nord : il aurait pu sagir de suivre le bord de mer, de parcourir les côtes bref, de regarder le long de, dhabiter la suite des marges par le regard comme pour en faire le tour, dans un sens ou dans lautre. Comme le tour du propriétaire, pour reconnaître le terrain et mettre en valeur tout ce qui, dune anse à lautre, fait différence. Mais non, ici, le regard est frontal : il est le plus souvent dest en ouest ; il va de la terre à la mer, comme aimanté par locéan et, du nain de plage aux baigneurs, du marcheur à tel poids lourd, tous paraissent presser le pas vers la plage, tous semblent se précipiter vers leau, au point quon croirait parfois quil sagit de fuir quelque chose Ou de se hâter vers linéluctable disparition. Le parti adopté, à y bien regarder, est en effet comme celui dun après : les images ont ce pouvoir inouï de vider lespace habité. Elles nous montrent quil est habité et en même temps que déjà il ne lest plus que déjà il ne le sera plus, oserait-on dire, au risque de faire violence aux temps, ceux des formes verbales. Car cest bien cela : lhabitat, ici, nexiste que pour dire sa vanité. Ce que le photographe voit, cest le vide toujours présent derrière les apparences, dans les apparences mêmes de loccupation humaine. Ce quil voit, cest lhabitat comme spectre, et létrangeté des maisons serrées les unes contre les autres, comme pour faire nombre, inutilement; et le grotesque des manèges immobiles ; et la suffisance attendrissante des vaines peintures fraîches ; et les pauvres tentations humaines du goût et si lon peignait les volets en bleu ? , et encore les conforts minuscules des lieux balayés par ce qui les dépasse. » |
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