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Parution Mars 2008
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Paul Louis Rossi & François Dilasser
Les ardoises du ciel Essai accccompagné de dessins de François Dilasser. Mars 2008. 224 p., 16/21,5 cm. 26,00 Euros. ISBN 978.2.86853.487.3 |
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« Le livre des Ardoises du Ciel va se dessiner en contrepoint de celui des Inscapes, publié en octobre 1994. Avec François Dilasser, nous avions eu lidée, les années suivantes, de poursuivre notre exploration, den continuer lhistoire, lanalyse et lillustration.
On trouvera donc dans ce nouvel ouvrage la trace de nos méditations, des citations du Duns Scot et Gerard Manley Hopkins, une découverte de lAbbatiale carolingienne de Saint-Philbert-de-Grand-Lieu, un séjour au Pays de la Magie avec Henri Michaux. Il faudrait y ajouter nos Voyages imaginaires chez les Indiens Hopis et les Esquimos. Et cette relation de notre visite avec François et Antoinette des Carpaccio de la scuola di San Giorgio à Venise. Comme celle de la chapelle des Scrovegni, pour les fresques de Giotto, à Pàdova. Je puis ajouter que cette exposition à deux voix de nos travaux est donnée aujourdhui en souvenir des schistes bleus au seuil de la rue des Douves, à Lesneven, et du vent qui souffle dans lanse de Goulven. Paul Louis Rossi |
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«Il existe un personnage fragile, habitant au nord dune péninsule, dans un paysage remarquable dâpreté, mystérieux et continuellement balayé par le vent. Ce personnage silencieux, il faut en convenir, possède une apparence, un corps physique, une parole rare et minutieuse. Je suis certain, de surcroît, quil est doué de qualités surprenantes.
Le don dubiquité par exemple lui permettant de se trouver dans plusieurs lieux à la fois. Celui de se mouvoir dans lespace alors quil paraît immobile devant nos yeux. Celui enfin détablir à notre insu la comptabilité des éléments, le sol, leau, lépaisseur de lair, la nature du vent de mer. Dans cette cosmogonie de fin des terres, le vent a beaucoup dimportance, il mène une vie hirsute et comme échevelée, tournant comme un malheureux fou dans le creux du rivage, au fond dune baie que lon nomme justement lanse de Goulven.» |
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| Le vent est surprenant, en quelques heures il peut changer son humeur, entraînant le voyageur dans ses transports comme un brigand, ouvrant une grande pèlerine dair mouillé et de pluies. Le vent peut le conduire ce voyageur en des lieux inattendus, le prenant par la main pour lui ouvrir des demeures inquiètes, pour lui indiquer la forme exacte de sa déraison. En regard de la folie du vent, dans ces parages, la mer paraît égale à elle-même bien que toujours pressée de petites vagues qui désirent atteindre le fond de la baie. Si le voyageur approche du rivage par des chemins étroits la sensation lui vient bientôt que leau va déborder jusque sur les routes et les ruelles du village, envahir les terres si basses et les marais autrefois qui devaient lui appartenir. La voici étendue des eaux la mer, toute ridée, toute miroitante de bleus gris, de verts pistache et de sombres violets. La mer, il est étrange de la découvrir presquau-dessus des terres, désireuse de parvenir jusque dans les recoins du sable et des roseaux, du repaire des salicornes et des cristes marines afin de les inonder, infiltrer, imbiber, surprendre de son écume et de son goût sauvage dalgues et de sel. |
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