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Parution Mars 2005
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| Mathieu Bénézet Mais une galaxie Une anthologie 1977, 2000. Coll. Les Analectes Coédition Obsidiane 328 p. 16,5/24. Mars 2005. ISBN 2.86853.422.8 30 Euros |
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Ce quatrième volume des Analectes traverse l'uvre poétique de Mathieu Bénézet des Dits et récits du mortel (1977) à L'Aphonie de Hegel (2000). Il fait suite, d'une certaine manière, au volume rétrospectif... Et nous n'apprîmes rien, qui regroupe les livres écrits avant trente ans. La présente anthologie, dont le choix incombe à l'auteur, propose, par pans ou par fragments, certains des poèmes qui ont imposé Mathieu Bénézet comme l'une des voix non communes du monde poétique moderne; ainsi lira t-on ici des pages de La fin de l'homme, de l'Ode à la poésie et de L'Aphonie de Hegel, pour ne citer que trois des titres les plus fameux de cet auteur. Lequel signale dans le texte liminaire « le caractère hybride, presque déjanté » de ses livres; est-ce pour vouloir inlassablement fondre les figures d'Orphée et d'Euridyce dans un mythe unique et énergique, ou par désir propitiatoire d'inscrire sa poésie dans le sillage rayonnant des poètes qui depuis toujours l'accompagnent : Hugo, Rimbaud, Mallarmé, Ghil, Breton, Aragon, Frénaud... ? Le corps auquel se collète Mathieu Bénézet est-il autre chose que le livre toujours à venir figure symbolique éclatée, mais pourtant réelle, dont on ne sait jamais si c'est le poème qui rassemble dans ses bribes les fragments du vivant ou le contraire « morceau de soi détaché » comme l'écrivit Jacques Derrida à propos des Dits et récits du mortel. Ici, morceaux de choix !
François Boddaert |
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| « Rien dénigmatique à tes yeux dans les pages qui suivent : tu as signé, paraphé ; la chose est claire. Tu as supporté ces pages ; les supportes encore ; et il tarrive souvent dy ajouter pour te confondre davantage. Il ny a pas de question, pas de réponse, seul un questionnement. On sait que la vie est un bouleversement . Qui peut répondre pourquoi est-elle ainsi ? L Art t'apparaît tel le fil à tirer non pour expliquer mais pour aller à la source de ce bouleversement. À son engendrement. Aperture, naissance, ouverture des mots que tu continues de chérir. Dans ce tourbillon tu as écrit, tu continues. » |
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Je ne sais donc rien du vide ni des îles ni du désert ni des oasis Je lai affirmé inconsidérément Car je nappartiens pas à la vie ni au sol Oui je décide dinterrompre mon rêve Tout linconnu dun enfant que nulle mère na initié sagite en moi Il crie dans la confusion du réveil pressentant que sa mémoire est létrangeté à venir où il renifle seul Chacun est ainsi nommé deux fois Et la deuxième fois est la seconde Et que sait la poésie de cela de ces instants où laiguille de la vie oscille et nindique rien pas même le fantôme côtier dune île Rien te dis-je Il ny eut jamais rien quune vie inapparue de telle sorte que le passage na rien montré encore moins révélé André Breton la dit Nous narrivons jamais à la gare |
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