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Parution Juin 2004
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| Christian Morgenstern Les Chansons du gibet Tome IV Poèmes, traduits de lallemand par Jacques Busse. Édition bilingue. 184 p. 14/21. 2004. ISBN 2.86853.401.5 16,00 Euros. |
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En Allemagne, les Galgenlieder de Morgenstern ( 1871-1914 ) font lobjet de rééditions ininterrompues : les premières de ces Chansons du Gibet ont pris place dans le patrimoine poétique national au titre du traditionnel « humour de la potence » dorigine médiévale, très apparenté à celui de François Villon ; à partir de 1917 à Zurich, les poètes de Dada se sont référés à leurs prémonitoires incursions dans labsurde, avec le phonétique Grand Laloula éloquent bien que dénué de sens, ou la muette Sérénade du poisson ; tous les enfants à lécole en apprennent encore certaines comptines inusables comme : Dors, lenfant do Dans le ciel y-a un agneau ; récemment le grand acteur Gert Fröbe a enregistré les récitals quil leur consacre.
Avec le quatrième volume, cest lintégralité des quelque 320 poèmes constituant les Galgenlieder qui est proposée au lecteur francophone. Pourquoi ces Chansons du Gibet sont-elles restées près dun siècle non traduites en français, alors que leur existence et leurs audaces linguistiques étaient bien connues, notamment dun Raymond Queneau qui en avait commandé la traduction du premier volume, quà sa mort Henri Thomas fit réaliser ? La décision de leur édition en bilingue en rend les raisons évidentes, la confrontation des deux textes ne cherchant pas à dissimuler les supercheries et trahisons quexige la restitution des acrobaties et facéties verbales de Morgenstern, sans lesquelles nen ressortirait que la mise en prose littérale qui, selon ladage, nest quune mise au tombeau. |
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| Le Guignegagne Vont une botte et son valet De Criquebuhl à Cassecanet Soudain en plein champ sur leur voie La botte ordonne : " Ôte-moi ! " Le valet : " Que mimporte qui ; Mais me dir, mon maître, : à qui ? " À la botte un coup ça assène : " Cest vrai, par Saint Népomucène, moi GUIGNEGAGNE en mes soucis Tu le sais, quun autre je suis, Depuis que mon maître ai perdu " Le valet a les deux bras tendus, Comme pour dire : " ce nest rien, viens ! " Et la paire reprend son chemin. |
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Lutin de marine
Lutin de marine, sa femme lutine et leur lutinot sont dans un bateau. La fée des fourneaux surprend le trio. Elle crie : « Horreur, cest la dernière heure ! » Le caniche Pax le commerçant Sachs tous il les avale le glouton naval. Lutin de marine, sa femme lutine et leur lutinot filent à vau-leau. |
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