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Parution Juin 2006
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| Marie Huot Chants de l'éolienne Poèmes Juin 2006, 80 p., 14/19 cm 14,00 Euros. ISBN 2.86853.459.7 |
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| Je tappelle. Je suis la femme du bord du puits. De mes deux mains je fais un bol pour ta soif et pour ton visage. Mon bras est une corde damour, jai une poulie sous laisselle. Mon corps distordu grince parfois, mais je te regarde. Tu cours. Tu vas vite. Tu aimerais rattraper les grandes voitures dun cirque de village que tu as vu passer. Tu aimerais rattraper quelque chose qui se défait, qui va sévanouir. Des personnages muets à travers de vastes foules. Des petites madones en plâtre, les cheveux lisses, qui nen finissent pas de chanter. Et cette voix obscure, unique, qui traverse tes brasiers interminables. Celle qui dit quen aucun lieu du monde tu ne pourras poser ton épaule. Je te parle de cet abîme du bord des roses. De ce sang plus bas, qui nen finit pas.
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| Je tappelle. De la nuit de mes cités lacustres je tappelle. Je voudrais que tu me sortes dun rêve dans lequel je me débats sans bruit : quelquun ivre me transperce le cur pour y prendre un mot précieux. Ce mot, jen suis certaine, je le connaissais. Et longtemps il fut dit près des puits et des cyprès. Il fut dit dans les ronces et les grandes patiences du temps. Dit à lenvers des choses brisées et des hésitations. Un mot grave qui craquait comme une vertèbre. Ce mot, jen suis certaine, je le connaissais. Et je viens de le perdre, arraché pour toujours à ma mémoire. Dans plus aucune voix je ne le débusquerai. Et sil métait désormais donné à lire dans les cahiers du monde, je sais que je ne le reconnaîtrais plus. Toi tu as peu de choses à dire à la dormeuse, sinon quil était sans doute inutile puisquelle la perdu.
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