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Parution Juin 2006
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| Jean-Michel Meurice & Paul Louis Rossi Couleur pure Beaux Arts 2006, 176 p., 16,2/23 cm 32,00 Euros. ISBN 2.86853.461.9 Coédition Les Pérégrines. |
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| En huit chapitres déclinant les thèmes importants de luvre du peintre Jean-Michel Meurice, Paul Louis Rossi nous entraîne dans un voyage du signe à la valeur, parcourant le monde et les traces des civilisations anciennes dont les deux artistes, chacun à sa manière, nourrissent leurs uvres. Créateur dArte et grand réalisateur son uvre documentaire a reçu en 1992, le Grand Prix National de la Création Audiovisuelle il est aussi une figure marquante du groupe Support/Surface : il se caractérise par lintensité colorée et latonalité des surfaces peintes, entièrement recouvertes par le pinceau de traces répétitives et parallèles sur des supports variés (films daluminium, rhodoïds, vinyls
) de très grand format. Son uvre récente reste à découvrir, synthèse de toutes les étapes de cette recherche à la fois libre, indépendante et rigoureuse, arrivée aujourdhui à une très grande maturité alliée à une grâce poétique et décorative qui relient lart moderne le plus radical avec les grandes uvres du passé. |
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| « Meurice va alors exprimer une idée surprenante, celle de laisser la couleur accomplir elle-même sa propre destinée. Jen ai parlé déjà, la peinture serait comme une tache que lon verrait se développer sur un buvard, qui delle-même trouverait sa forme et son expression. Jean-Michel va résumer lui-même sa proposition dans une lettre à Danièle Giraudy : La sculpture est un fait naturel, je veux dire, elle participe naturellement au monde, elle est objective. La peinture au contraire est avant tout cosa mentale. Elle nest pas du tout naturelle. Elle est une volonté. La peinture serait donc la matérialisation de cette cosa mentale. Le surprenant est que le peintre, comme les artistes chinois qui sont évoqués dans le propos, semble assister lui-même à la naissance de cette vision mentale. Comme si elle se réalisait miraculeusement devant ses yeux. Évidemment, cela ne peut se produire quà la fin dune véritable ascèse, dans une forme intégrée du raffinement et de la virtuosité. Chacun le sait, il faut lespace de la méditation pour que le geste trouve en un instant sa place et sa signification rapide.» |
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| « Nous pourrions résumer cette impression par un aphorisme du poète Pierre Reverdy : Sefforcer de ne rien faire quelque chose. A ce propos, dans lart de la peinture, Jean-Michel Meurice exprimera un désir analogue : Peindre en aveugle quelque chose que je prévois. Jai pensé aux musiciens classiques qui parlent du Sensa Battuta, cest à dire lexpression de la musique hors la mesure. Comme Arthur Rubinstein qui disait en fumant son cigare : Je nai pas toujours joué toutes les notes, mais je nai jamais trahi la musique. La séparation entre le travail, entre leffort artistique et sa réalisation rapide et comme spontanée, est probablement le point aveugle et mystérieux de la création artistique. Celui qui sen est approché, ne serait-ce quune fois, peut enfin contempler, comme Jean-Michel Meurice aujourdhui, les réalisations de son Opera. » |
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