Parution Juillet 2004

* D’Oran où il est né à la Gare du Nord où gravitent les trois «héros» de son dernier roman, Abdelkader Djemaï a emprunté, par une écriture tantôt grave tantôt cocasse, de nombreux chemins. Un été de cendres, Sable rouge, 31, rue de l’Aigle, Mémoires de Nègre, Camping et Gare du Nord, publiés aux éditions Michalon, Folio et au Seuil. Un travail de patience, de tissage du quotidien et des petites mythologies qu’il poursuit à présent de l’autre côté de la Méditerranée en interrogeant à sa façon la France d’aujourd’hui.
Abdelkader Djemaï est aussi l’auteur de Camus à Oran et d’un recueil de nouvelles : Dites-leur de me laisser passer. Il fait paraître, en septembre prochain, un récit aux éditions du Seuil : Le Nez sur la vitre.
* Philippe Dupuich est né dans le Nord en 1960. Formé en Humanités artistiques et en histoire de l’Art, il exerce à Paris différents métiers de 1982 à 1989, date à laquelle il s’installe pour cinq ans comme photographe à La Réunion. Il est resté profondément attaché à cette île-monde de l’Océan Indien. Photographe indépendant, il vit aujourd’hui à Tourcoing. Ses reportages personnels sont étroitement liés à la littérature. Il est l’auteur des photographies des livres :
Sur les traces d’Amkoullel, l’enfant peul, d’Amadou Hampâté Bâ (Actes Sud, 1998), La Réunion, île de mille parts avec Alain Lorraine (Id., 2001) et Du Nord cru avec Timour Muhidine (L’Esprit des Péninsules, 2003).

 

Philippe Dupuich & Abdelkader DjemaÏ
Nos quartiers d'été

Textes et photographies
112 p. 21/25 cm.
2004. ISBN 2.86853.411.2
15,00 Euros
Ouvrage publié avec le concours de la Région Nord-Pas-de-Calais

 Avec deux séries de reportages ( confiés à un écrivain et à un photographe qui se connaissent bien et sont ici parfaitement à leur place ), ce livre rend compte d’une aventure politique réunissant un grand nombre de centres sociaux, d’associations culturelles, et de sociétés philanthropiques de la région Nord-Pas-de-Calais. Depuis quinze ans, l’été permet à tous ces acteurs de provoquer, dans des quartiers de villes et de villages, près de mille manifestations, réjouissances populaires qui ne manquent pas d’ambitions éducatives et permettent aux personnes de tous âges et de toutes origines de vivre d’intenses moments de rencontre. On ne s’étonnera guère qu’une telle initiative ait su se développer avec un tel succès en terre nordiste, malgré les difficultés économiques – ou à cause d’elles –, en entretenant la mémoire des humbles et en nourrissant la culture populaire d’émotions nouvelles.
« Les enfants du Frais-Marais cherchaient, eux-aussi, un pont. Il leur fallait agir vite, la situation l'exigeait, car ils venaient de lire un pathétique communiqué. Rédigé en partie en patois, il annonçait la terrible nouvelle : “ Y'a eu un grand tremblement eud'terre c'te nuit ! Ch'est un grand malheur ! ”
C'est ainsi qu'ils apprirent que leur quartier avait été brutalement séparé de Douai, la ville-mère située de l'autre côté de la rocade. Qu'à cela ne tienne, courageux et ne perdant pas leur sang froid, les voilà réunis dès le matin comme un seul homme au centre social de la rue Saint-Amand. Une mission des plus importantes les attendait : relier le Frais-Marais à Douai en comblant la faille gigantesque et imaginaire qui s'était creusée dans le corps du vieux bassin minier qui a vu naître un grand nombre d'entre eux. »