Parution Janvier 2004
Collectif
André Frénaud, la négation exigeante

Actes du Colloque de Cerisy (2000) sous la direction de Marie-Claire Bancquart.
384 p. 16,5/24.
2004. ISBN 2.86853.398.1
29,00 Euros

C e livre paraît dix ans après la disparition d’André Frénaud. Il est constitué par les interventions d’écrivains, artistes et universitaires de diverses nationalités et qui appartiennent à toutes les générations, depuis les anciens compagnons et amis de Frénaud jusqu’à de jeunes chercheurs intéressés par son œuvre. La richesse de celle-ci est telle que les différents points de vue abordés dans ce livre ne font qu’ouvrir des voies. André Frénaud est un des plus grands poètes français de la seconde moitié du vingtième siècle, de l’avis de tous ceux qui connaissent son œuvre. Le paradoxe est qu’elle ne soit jusqu’à présent pas aussi répandue que celle d’un René Char ou d’un Henri Michaux, mais c’est à vrai dire un paradoxe apparent. D'abord André Frénaud n'a fait partie d'aucune organisation confessionnelle ou politique. Il y fut réfractaire dans tous les sens du terme. Détaché du catholicisme de sa jeunesse, il fut aussi l'un des rares à s'aviser très tôt des dangers du communisme stalinien, au moment où tant d'intellectuels français avaient été tentés par lui. S'il fut lié à beaucoup d'écrivains et d'artistes, Frénaud ne fit non plus partie d'aucune école constituée; l'existentialisme et le structuralisme, par exemple, ont retenu son attention, mais n'ont pas emporté une adhésion de sa part.
Il s’offre donc au lecteur dans une certaine solitude, et dans une tension personnelle qui contribue à le rendre singulier, d’un premier contact non dénué d’âpreté. Le lecteur entre dans une œuvre dont le premier poème est une « Épitaphe », et dont l’auteur a déclaré : « Je me suis inacceptable ». Attaché à sa Bourgogne natale, mais sans que certes on puisse faire de lui en aucune façon
un poète « régionaliste », incroyant, mais amoureux de l’art chrétien et grand lecteur des mystiques, tendre mais rugueux, hanté par le néant mais amateur des beautés et des dons de ce monde, Frénaud se présente tel qu’il est, sans concession ni faux semblant. (…)
À la fois poète et universitaire, c’est à cause de mon admiration mais aussi de mon attachement pour l’œuvre de ce poète « dérangeant » que j’ai souhaité une rencontre qu’ont permise les responsables du centre de Cerisy-la-Salle, et qui n’aurait pu avoir lieu sans l’accord chaleureux de collaborateurs très divers, poètes, artistes essayistes, ou réunissant plusieurs activités. ( … )

Marie-Claire Bancquart

  Sommaire


Marie-Claire Bancquart : Préface

I. Introduction


Bernard Pingaud : La poésie pour André Frénaud

 

II. Études de textes

Jean Bollack : La naissance du poète dans Haeres

Christine Andreucci : « Saurons-nous cesser d'enterrer les morts ? » Une lecture

Peter Broome : André Frénaud : la serrure et la clé

Pascal Commère : Le défi des Paysans

Dominique Rabaté : Qui se cache ? mais qui parle ? L'incertitude énonciative dans La Sorcière de Rome et La mort d'Actéon.

III. Affinités

Christine Lombez : L'Allemagne « mythique » d'André Frénaud

Fabio Scotto : André Frénaud traducteur de l'italien

Jacques Busse : Abrégé des peintres et sculpteurs d'André Frénaud

Laure Michel : André Frénaud et René Char

Richard Rognet : Frénaud et moi, Frénaud en moi

IV. Orientations

Didier Alexandre : Poésie et évènement chez André Frénaud

François Boddaert : Si c'est un homme

Gérard Noiret : « Toutes figures confrontées dans la parole » : l'articulation du néant et de la politique chez André Frénaud

Christine Dupouy : André Frénaud et la question du lieu

Michel Collot : Paysage, peinture et poésie

Aude Préta-de-Beaufort : André Frénaud et la religion

Marie-Claire Bancquart : L'unité pressentie du Tout

V. Poétique

Michaël Bishop : Tournoiement et incohérence, minimalité et néant : éléments d'une tension mentale chez André Frénaud

Jean-Yves Debreuille : L'autocommentaire

Elisa Bricco : André Frénaud : Le « pacte » avec son lecteur

Daniel Guillaume : Détours de la clairière. Érotique et poétique chez André Frénaud

Yannick Courtel : « Un certain frémissement de l'être s'immisce dans la temporalité du langage »

Peter Schnyder : « Et chaque élément prenait naissance obscure » Stratégies anti-picturales dans la poésie de Frénaud

Françoise Rouffiat : Matière de la langue

Michel Jarrety : « J'élève des monuments pour parer le désastre » Réflexions sur la poétique de Frénaud


Bibliographie