Parution Janvier 2006
 


* Né en 1933 à Budapest, Alexandre Hollan vit à Paris depuis 1956. Il partage dès cette époque son existence entre son atelier parisien et la campagne du Sud de la France. Il peint des natures mortes, des arbres et des visages ; il nous montre la beauté des choses ordinaires que nous croisons chaque jour. À travers ses arbres et ses natures mortes, Alexandre Hollan, dont le regard obsédé par la réalité de ces présences anodines qui nous échappent sans cesse, s’impose en peintre de la vie silencieuse. Yves Bonnefoy lui a consacré plusieurs textes et une monographie : La journée d’Alexandre Hollan (Le temps qu’il fait, 1995). Le premier volume de ces carnets Je suis ce que je vois (1979-1996) a paru à nos éditions en 1997. Il a publié en 2005 avec Jacques Ancet Un morceau de lumière Éd. Voix d’Encre.

Alexandre Hollan
Je suis ce que je vois T2
Notes sur la peinture et le dessin 1997-2005
Janvier 2006, 128 p., 14/19 cm — 18,00 Euros.
ISBN 2.86853.446.5

« La présence, cette vie secrète qui habite les arbres, et toute la nature, qui habite le silence matinal dans mon atelier aussi, oui, la présence a besoin de formes. La nature aime que je la regarde, elle veut être dessinée. Même le silence veut des mots qui le comprennent. Le regard sans la nature est aveugle.»
Notes

Parfois écrire aide à mieux percevoir une impression, qui résonne encore dans le dessin.

Prendre des notes. Interroger cette force qui après le travail reste. Interroger l'expérience sur son désir, sur la manière de le toucher. Penser l'expérience, les expériences. Le réseau des notes nourrit la présence en recherche, la rend consciente.

Les notes réfléchissent. Elles me protègent de la confusion.
« Le regard premier est léger, il sait respirer, et la respiration lui permet de s'envoler et d'être porté par elle. Le regard doit constamment rester léger pour ne pas retomber dans les constructions visuelles (celle de la raison, qui veulent rester immobiles, qui construisent à partir des branches un arbre). Pour rester léger, le regard n'a d'autres alliés — à ma connaissance — que la vitesse de l'élan et l'abandon de toute logique dans sa chute. Il doit se concentrer sur le trajet qui s'ouvre, avoir confiance dans le trajet qui s'ouvre. »
« Retrouver le regard perdu dans le monde. »
« Savoir où je suis, et où je veux aller. Retour au calme. Chercher la profondeur : un lieu calme, une grotte. »