Parution Janvier 2007

SOMMAIRE

Denis Montebello : Un nom transparent

Robert Favreau : Historique
Claude Andrault-Schmitt : Présentation architecturale

Le cadre de la liturgie

Albert Rouet : Célébrer dans la cathédrale


Permanences et remaniements du mobilier

Yves Blomme : Les stalles
Bernard Brochard : L'orgue de François-Henri Clicquot
Christian Barbier : Le trésor
Yves-Jean Riou : La statuaire
Jean-Pierre Roussel : Le mobilier


L'art dans les murs

Françoise Perrot : Les vitraux
Marie-Thérèse Camus : La sculpture

Les embellissements

Jean-Pierre Blin : Du XVIIe au début du XIXe siècle
François Jeanneau : La restauration depuis le XIXe siécle

Bibliographie

Collectif
La cathédrale de Poitiers
Janvier 2007, 176 p., 23/32 cm — 40,00 Euros.
ISBN 978.2.86853.415.6

« La cathédrale de Poitiers est un bel édifice gothique, lumineux, imaginé au milieu du XIIe siècle, bâti avec ambition et réalisé progressivement d'est en ouest. Si la lecture de ses assises de pierre de taille ou l'interprétation des détails de son exécution suscitent un grand intérêt historique et archéologique, ces démarches ne doivent pas masquer d'indéniables qualités esthétiques. Une approche globale met en évidence un programme réfléchi. L'œuvre se situe sans conteste au sein du “ style gothique angevin ”, qui reçoit dans la capitale du Poitou des inflexions spécifiques et parfois surprenantes. »
La cathédrale saint Pierre est également un lieu de culte dont l'histoire et l'architecture, les stalles, l'orgue, le trésor, la statuaire, le mobilier, les vitraux, la sculpture font un témoignage exceptionnel de civilisation et de spiritualité, un monument vivant à déchiffer sans cesse.
C'est ce à quoi s'emploient ici douze spécialistes, historiens, historiens d'art, chercheurs, tous excellents connaisseurs d'un ou de plusieurs aspects de cet inépuisable et passionnant sujet d'étude : Claude Andrault-Schmitt, Christian Barbier, Yves Blomme, Jean-Pierre Blin, Bernard Brochard, Marie-Thérèse Camus, Robert Favreau, François Jeanneau, Françoise Perrot, Yves-Jean Riou, Albert Rouet, Jean-Pierre Roussel.
« Sur quelle pierre fut bâtie cette cathédrale — au-dessus de quelle église primitive, de quels bâtiments gallo-romains —, il ne m’appartient pas de le dire.
Si j’écris qu’elle s’est édifiée sur un jeu de mots, une figure de rhétorique, je prétends détenir de cette maison la clef, je me proclame, sinon majordome, du moins huissier à verge : je donne des baguettes pour me faire battre.
Celui qui franchit les portes de la cathédrale se moque, et il a raison, de mes antanaclases, de cette annomination que produit sans savoir, ou en sachant très bien, vu qu’il est le Fils du Dieu vivant, Jésus quand il fait de ce Pierre la pierre ; ou, ce qui revient au même, il trouve à ce Monsieur Loyal qui l’effraie avec ses figures, qui lui interdit l’entrée du Royaume des Cieux, « un air bien déloyal ».
Au pèlerin qui me montre la sortie avec son bâton je n’ai rien à répliquer. Celui qui ignore dans quel sang bouillonnant il fut fondé n’a pas voix au chapitre. Il n’a qu’à s’écarter. On poursuivra donc sans lui. (...) »

Denis Montebello

« Si la cathédrale semble avoir toujours été implantée dans le quartier qui est le sien actuellement, il est certain qu’elle a connu au moins trois phases successives, église des premiers siècles, église romane, église gothique. Centre du diocèse, siège de l’évêque, elle est desservie par la communauté de clercs qui entoure et assiste le prélat, mais va devenir de plus en plus l’église du chapitre cathédral, au point qu’au cours des derniers siècles avant la Révolution l’évêque en sera souvent singulièrement absent. Elle a connu aussi nombre d’aménagements ou réaménagements, que l’on saisit mieux à mesure que les documents se font plus nombreux. L’essentiel de la documentation est naturellement dans le fonds de l’évêché et du chapitre cathédral, un fonds qu’exploiteront les historiens bénédictins, dom Claude Estiennot fin XVIIIe siècle, et dom Léonard Fonteneau fin XVe siècle. Le millier de pages de l’Histoire de la cathédrale de Poitiers publié par l’abbé Auber en 1848 et 1849, reste le travail encore le plus élaboré sur le monument, même s’il convient de le reprendre et d’en préciser les sources que l’auteur n’indique pas. »

Robert Favreau

Façade occidentale vue du clocher de N.-D.-La-Grande
©Bernard Renoux
©Bernard Renoux
« Dans la course du temps, les caractères de la sculpture proposée se modifièrent, mais, d’un bout à l’autre du chantier, d’une manière générale, la qualité fut maintenue. Les maîtres de l’ouvrage, génération après génération, firent appel à des artisans habiles, bien formés, à la fois capables de se plier à des règles rigoureuses, nécessaires à la cohérence de la décoration, mais assez imaginatifs et indépendants pour introduire des motifs variés et des formes nouvelles dans le chantier prestigieux que fut la cathédrale.
Notre rapide étude des sculptures suivra l’ordre chronologique, car c’est la meilleure façon de comprendre la vie du bâtiment, d’évaluer le poids des traditions, la force des changements, de délimiter parfois des étapes de construction et d’établir des liens avec la production des chantiers proches ou lointains.
Marie-Thérèse Camus