Parution Avril 2009

* Richard Texier est né en 1955 en France près de l'océan où il travaille et séjourne régulièrement. Il est reconnu aujourd’hui comme un des artistes les plus importants de sa génération.
Il a commencé très jeune à peindre. Sa passion pour l’histoire de l’astronomie lui inspire une cosmographie personnelle nourrie des schémas anciens des mécaniques célestes, des atlas du ciel et des grands concepts qui régissent le cosmos. La suite présentée dans ce livre, Theoria sacra, en est un exemple magistral.
Son œuvre est présente dans de nombreuses collections publiques et privées, tant en France qu’à l’étranger. De très grands musées lui ont consacré une exposition : musée national de Taïwan, musée du Luxembourg, musée de la Marine à Paris, musée du Botanique à Bruxelles, Pavillon de la Culture à Moscou, musée des Beaux-Arts de Shanghai.
Alisan Fine Art Gallery de Hong-Kong, galleria San Carlo de Milan ainsi que M Art Center de Shanghai viennent de présenter son
travail récent.
De nombreux films et ouvrages sont dédiés à son œuvre, notamment une importante monographie signée Patrick Grainville aux éditions de La Différence, un ouvrage écrit par Kenneth White aux éditions Palantines et une monographie récente écrite par Daniel Pennac pour les éditions Flammarion.
*Philippe Le Guillou est né en 1959. Il est romancier et essayiste. Il a notamment publié, aux éditions Gallimard, Le dieu noir (1987), La rumeur du soleil (1989), Le passage de l’Aulne (1993), Les sept noms du peintre (prix Médicis 1997), Les marées du Faou (2003), La Consolation (2006) et Fleurs de tempête (2008).

Richard Texier
Theoria sacra

Peintures et Texte de Philippe Le Guillou.
144 p. 21/27.
2009. ISBN 978.2.86853.514.6
30,00 Euros

« La rêverie de Texier n’est pas seulement nourrie par la contemplation hantée des traités et des cartes du ciel, quelque chose d’autre l’anime et la soutient, une force incomparable qui ne vient pas simplement de l’être et des archives humaines. La rencontre des images et la fulguration des formes, au-delà d’une virtuosité, d’un métier magnifique, suppose une immersion constante dans une autre matière, dans le bain du monde et le chant du cosmos. Comme pour les grands aînés la cosmographie, la science, l’observation vigilante, le glanage des atlas et des cartes palimpsestes ne suffisent pas, il faut autre chose, une écoute, une symbiose, une entrée en résonance. Il faut soi-même avoir vu les astres s’allumer sur les courants de l’Atlantique, le bestiaire fabuleux se dessiner au bout des nuages et d’une obscurité d’encre pour qu’ensuite, dans un atelier transformé en creuset des germinations du ciel, toute une poésie du monde et de l’élément vienne habiter l’espace même de la vision. »

 

« Richard Texier est l’homme des atlas, des globes, des sphères armillaires, des grimoires célestes. Il suffit de visiter les marges de son atelier pour découvrir une extraordinaire collection d’objets insolites, de carapaces de tortues, de reliures somptueuses, d’ivoires que la marée du songe a ramenés d’on ne sait quelle carène enfouie. Richard Texier est le continuateur des rêveurs fous des cabinets de cosmographie, des scrutateurs du ciel, des rêveurs de galaxies toujours en quête de territoires nouveaux, d’hybridations et de métamorphoses, de limites infinies. Cette collection placée aux marges de l’atelier – au seuil même du creuset d’où jaillissent les images fabuleuses – est un amoncellement de pièces, les jalons d’une exploration à travers les siècles et la diversité du monde, mais elle est bien plus : elle ne se réduit en aucune manière à une thésaurisation stérile, elle est le point de départ d’une circumnavigation onirique dans le dédale des âges et les replis du ciel. »
« Il y a chez tout artiste, avant même l’explosion des images et des visions, un temps de rumination muette, de macération inquiète et silencieuse où des éléments, des fragments encore indistincts se rencontrent et se nouent dans le substrat du songe. Des lambeaux de cartes célestes, des grimoires et des hydres, des lunes émergent du relevé des astres, des taureaux, des béliers, des aigles glissent sur la ligne des tropiques. Richard Texier s’avance vers son atelier rempli de cette matière unique, glanée au hasard de consultations désordonnées et rêveuses – les voyages capricieux de l’enfant qui, tapi dans un grenier, loin de tout, tisse les contours d’une géographie, d’un univers qui sera exclusivement le sien –, cette matière primordiale, comme un matériau arraché aux investigations lucides des anciens, est le précipité à partir duquel toute la composition va se mettre en place, entre mer et terre, entre gouffres marins et abysses du ciel, entre Sirius et Orion.»