Parution Avril 2005
 



*Valérie Rouzeau est née en 1967 dans une famille de récupérateurs du Cher. Elle a traduit Sylvia Plath et William- Carlos Williams et publié des poèmes. Après Pas revoir, Éd. Le Dé Bleu 1999, Neige rien, Éd. Unes 2000), elle a donné à nos éditions Va où (2002) et Valérie Rouzeau lit ses poètes ( 2 CD, 2003).

Valérie Rouzeau
Récipients d'air

Poèmes. Avec 9 dessins originaux de Vincent Vergone
64 p. 14/19.
Avril 2005. ISBN 2.86853.428.7
11,00 Euros

Je suis toujours enfant, je dessine avec soins de longs chemins de
fer, et des bateaux dansant
(J'ai plus de souvenirs que si j'avais mille ans)
Mon beau navire ô ma mémoire
Il y a aussi un coucou en bois
Il y a une fondrière avec un nid de bêtes blanches
(Mais l'espérance est une toute petite fille...)
Cet ensemble de poèmes est le fruit d’une rencontre et d’une correspondance entre Valérie Rouzeau et Vincent Vergone (metteur en scène, plasticien se présentant lui-même comme un " ymagier ") autour d’un spectacle « Lettres en l’air » qui tourne depuis le début de l’année 2005.
Au travers de jeux de sonorités et de sens, pour le bonheur des petits et des grands, Valérie Rouzeau donne un chant grave et profond quand la vie, et ses cailloux dans nos chaussures, se fait parfois trop lourde.


Trois petites sardines dans un filet de citron ce midi sur un mur au soleil
Cachalot je me suis dit cachalot juché puis merle
J’ai mangé jusqu’aux yeux et une deux trois soleil
Puis pied à terre aptère je me suis mis en marche
Si je pouvais mieux dire tout ce que j’ai pensé la joie que j’ai senti tourner au cœur de moi

Accepte cette écaille car je suis sans paroles





Il y a longtemps j’ai foncé sur un buisson de ronces
C’était noir de mûres et mon vélo rouge
Je ne savais pas si j’avais crevé si je saignais dans le fossé
Des gros yeux sévères me regardaient tout droit
C’étaient des mûres velues abominables
Je les ai écrasées puis j’ai couru avec mes seules jambes
Mon vélo mort