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Parution Avril 2004
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| Antjie Krog Ni pillard, ni fuyard Poèmes traduits et présentés par Georges-Marie Lory. 128 p. 14/19. 2004. ISBN 2.86853.406.6 14,00 Euros |
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Une énergie phénoménale, cest ce qui frappe demblée à la lecture des poèmes dAntjie Krog. En découlent deux lignes de force, une acuité de tous les sens et un engagement direct dans la vie de son pays. (
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Femme de conviction, sa force intérieure lui vient de son enfance à la campagne. LÉtat Libre dOrange ! Le nom même de cette province située au cur de lAfrique du Sud renvoie aux Boers rebelles qui sen allèrent fonder une république hors de lempire britannique, aux mères de famille courageuses et décidées, à une mentalité de pionnier rude au travail. Urbanisés et baptisés Afrikaners au xxe siècle, leurs descendants gardent un attachement profond à la terre. Blanche de langue afrikaans, Antjie Krog naît au moment où se mettent en place les lois ségrégationnistes sous le nom global dapartheid, et grandit à la ferme dans une famille conservatrice et croyante. Juxtaposition riche en symbole, lagglomération la plus proche, Kroonstad, prospère sur ses mines dor. Cest là quelle enseignera dans une école pour Noirs. ( ) Antjie Krog na pas laudace gratuite. Elle vit profondément ses aspirations, ses colères et ses joies. Inlassable, elle écrit comme si la révolte devait sexprimer tous les jours de lannée. Elle a publié dix recueils ( Ni pillard, ni fuyard rend compte de la diversité de ses textes de 1969 à 2003 ) et se taille depuis les années 1990 une place à part dans la littérature afrikaans. À linstar de ses aînés André Brink et Breyten Breytenbach, Antjie Krog démontre que lécriture est à la fois survie personnelle et arme de combat universelle. Elle y ajoute une passion pour la culture des Sud-Africains noirs qui remonte à ses années denfance. ( ) Extraits de la préface du traducteur |
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| Je suis debout sur un foutu rocher au bord de la mer à Paternoster la mer cogne dans l'air ses guirlandes d'écume verte je regarde sans peur chaque bon dieu de vague au fond des tripes avant qu'elle ne se brise le rocher tremble sous mes pieds les muscles de mes cuisses se bandent mon bassin expulse ces vieilles résignations et merde je suis rocher je suis caillou je suis dune mes nichons chantent un air de cuivre mes mains cramponnent la Baie du Meurtre et la Baie de la Gueule mes bras se déchirent d'extase au-dessus de ma tête : je suis je suis le seigneur m'entende une putain de femme libre. |
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| MAMAN RENTRERA TARD que je revienne vers vous fatiguée et sans souvenirs que s'ouvre la porte de la cuisine je m'insère avec des ballots de cadeaux hâtifs dans les couloirs rôdent les rêves tristes de ma famille les vitres incrustées de leur langue délaissée à la lumière crue de la salle de bain me lave les dents me colle une pilule sur la langue : Agis. que je passe devant ma fille endormie ses draps bien aplatis sous le menton sur la coiffeuse des vers à soie couvés d'or que je franchisse mes garçons les poings froncés dans les coussins leur chuchotement agité blesse la chambre que je froisse une chemise de nuit dans le tiroir l'enfile dans le noir empatté derrière ton dos que m'inonde la chaleur ne me fais ni poète ni humain dans l'embuscade de la respiration je meurs en femme. |
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