Parution Avril 2009

* Menant sa vie entre la photographie et le cinéma, Michel Dieuzaide a consacré un certain nombre de films aux peintres de ce siècle : Taol Coat, Debré, Soulages… Il a de même publié plusieurs livres de photographies sur des ateliers d’artistes. Aux éditions Le temps qu’il fait, il est l’auteur du cahier photographique qui illustre le livre de Jean-Pierre Schneider et Bernard Chambaz, La déposition, et le maître d’œuvre du livre d’Odile Mir L’espace traversé et de celui consacré au peintre André Marfaing.
Il a publié entre autres À côté des taureaux (éd. Climats, 1992), Connaître la corrida (Privat, 1996), Compas flamenco (éd. Cairn, 2006) et Aficion (éd. Cairn, 2006).

Michel Dieuzaide
Quand la lumière tient la plume

Photographies.
128 p. 21/27.
2009. ISBN 978.2.86853.520.7
30,00 Euros

Tirage de tête : 30 ex. numérotés, accompagnés d'une photographie originale signée par l'artiste
130,00 euros en souscription jusqu'au 31 juillet 2009.
« Il est parfaitement concevable que la spendeur de la vie se tienne prête à côté de chaque être et toujours dans sa plénitude, mais qu'elle soit voilée, enfouies dans les profondeurs, invisible, lointaine. Elle est pourtant là, ni hostile, ni malveillante, ni sourde; qu'on l'invoque par le mot juste, par son nom juste, et elle vient. C'est là l'essence de la magie, qui ne crée pas mais invoque.»

Franz Kafka, Lettre à Milena

Photographe et réalisateur de cinéma, Michel Dieuzaide rassemble dans ce livre une sélection de photographies faites au cours de ses voyages proches ou lointains. À ce regard sensible sur le réel, l'auteur a joint quelques phrases essentielles de ses écrivains favoris, sans doute pour cerner davantage la vision très personnelle qu'il porte sur le monde qui fut et, en dépit de tout, reste le sien.

Dans ma vie je n’ai pas travaillé . Ou du moins assez peu, et pas dans le sens où on l’entend. Car je me suis toujours voué uniquement à ce que j’avais envie d’entreprendre. J’ai parcouru les territoires où me portaient mes envies, en cultivant avec avidité les richesses enfouies dans les marges. Au milieu des autres, je me suis souvent senti un peu comme en italiques. Ni en dessous, ni au-dessus, juste à côté. J’ai donc tenté d’habiter mon existence dans une solitude ouverte. Ce besoin d’écart ne va pas sans la recherche d’un assentiment avec le silence,d’ une sorte de pacte avec le retrait.
J’ai voyagé, mais comme un pèlerin sans église. J’ai lu beaucoup de livres, écouté de sublimes concerts, et vu un peu partout de magnifiques expositions. Ces moments consacrés à nourrir l’esprit et à aiguiser la sensibilité, je les ai considérés comme mon travail. Sans jamais avoir rallié un clan, j’ai tenté de préserver ma liberté, en gardant étroit et dense le lien avec les amis choisis. Dans l’aisance de l’amitié nous continuons joyeusement de partager les nourritures terrestres, autant que celles de l’esprit. Le plaisir n’a par exemple jamais faibli, de discourir vivement, en faisant durer un verre d’Armagnac, qui toujours restera pour moi la meilleure eau de vie au monde. Compagnon d’Epicure, il m’est arrivé de me définir comme un libertin un peu austère.
Mais que d'heures s'écoulent, où lisant, écrivant, rêvant, aucune illusion n'adoucit mon amère sérénité. Ensuite regardant les étoiles, je me pénètre de l'insignifiance des choses.

Charles de Gaulle, Mémoires de guerre