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Parution Avril 2005
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| Gilles Ortlieb Meuse Métal, etc Poèmes. Avril 2005, 88 p., 14/19 cm 13,00 Euros. ISBN 2.86853.427.9 |
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| « Sans emphase et, dirait-on, avec juste ce quil faut dexotisme pour ne pas non plus sy attarder, les poèmes rassemblés ici se donnent à lire comme un journal intermittent de l'éphémère et, souvent, de l'à peine perceptible, tout à la quête de points d'appui ou sentiers praticables. On ne s'étonnera pas, au vu des précédents livres de l'auteur, que ceux-ci traversent dans plusieurs sens les paysages de l'Est (où il vit) et, dans toute leur longueur, quelques rames de chemin de fer, se contentent d'autres fois du trajet qui va de la fenêtre à la table, en sinuant entre l'ici et l'ailleurs comme entre aujourd'hui et hier. Le lecteur y retrouvera, dans tous les cas, un système de signaux sensibles, de balises discrètes et, de loin en loin, reconnaisables. |
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| Reliques sur un terre-plein à nouveau déserté : une boucle de ceinturon, une cuillère à thé trouée, une carte-vue défraîchie, une infime tête de poupée, en plastique, et une pince à linge désarticulée autour de sa vertèbre métallique ; éparpillées sur le sol entre les pavés comme débris alimentaires dans une dentition, parmi lesquels sactivaient une demi-douzaine de pigeons. Entre bourrasques et carillon fluet séchappant de Notre-Dame de Bon Secours avec une émouvante clarté, pour délivrer lheure à deux pas de la Maison du Moteur et dun ex-Palais du Pantalon dont le pignon, amputé de trois lettres, sobstinait pourtant à en garder le P l i . |
Meuse Métal peut-on lire sur un pignon, au-dessus d'une péniche chargée de ferraille et immatriculée à Hambourg, dont le sillage en V reproduit à l'identique (toutes proportions gardées, s'entend) celui d'un cygne remontant le courant en direction de la rive, à trentre mètres de là. Ne les aurai-je pas assez vus et observés, ces wagons à l'abandon, aux vitres crevées, avec entassement d'essieux et de tire-fond rouillés, et ces barques à demi noyées sur un étang de pêcheur, et ces gammes de rousseurs courant en bordure des voies ? Spectacle su, pour ainsi dire par cur que viennent parfois distraire d'infimes distorsions optiques dans le coin d'une fenêtre, et qu'on surveille distraitement comme les feuilles des talus, entre oxyde de fer et rouge sang. |
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