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Parution Mai 2007
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| Antoinette Dilasser Les vraies images Récit. 2007. 128 p., 14/19 cm. 16,00Euros ISBN 978.2.86853.481.1 |
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| « Les vraies images : peu à peu elles ont pâli, gagné la rigidité des photos. Je peux dire il y avait , il y eut , sans pourtant que cela revive comme je voudrais, même si je my efforce, surtout si je my efforce. Peinture que lon croit raviver et qui saltère. Les scènes de la vie de Mathilde sont presque devenues des souvenirs, comme si javais été là. Les années dYvonne nont guère de scènes. Un long temps, continu, dans une certaine lumière
» Avec retenue et obstination, Antoinette Dilasser prête sa voix aux silencieuses, aux muettes, aux femmes innombrables qui ont traversé lexistence dans le sacrifice de soi et furent marquées par la pauvreté, la guerre, et souvent humiliées par la vie. |
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| « Le grenier je ne lai jamais revu. Outre la trappe qui y menait, il y avait au second étage la chambre de Jeanne interdite à ma curiosité. Il mest arrivé souvent, depuis, de rêver que jentre dans la chambre de Jeanne, et quensuite par un jeu compliqué déchelles jaccède au grenier, mais avant que je découvre ce que jy suis venue chercher je méveille. Sur le plateau de toile de la malle ouverte étaient rangés une ombrelle, des gants. Ombrelle dune moire très jaunie, le tissu craquait. Occupée de lombrelle ai-je prêté moins dattention au reste ? Sous le plateau il y avait une robe noire et blanche ou grise et blanche, de ce tissu quon disait pékiné. Couchée comme une femme couchée sur le dos, les bras pliés sur la poitrine. Dessous, des robes de tissu plus grossier, noires. Jai demandé à Yvonne à qui appartenait la robe à raies, elle a dit, je crois : cétait une robe à ma mère, ou peut-être : à maman. Je crois. Elle ne voulait pas que jy touche. Robe, du germanique rauba, vêtement dont on a dépouillé quelquun. Couchée comme si elle se souvenait du gonflement dun corps. Robe à la mode dun certain temps passé. Ornée. Non la bure ou la laine mais la soie. Sur ce corps alors de jeune femme, en ce temps où elle fut une jeune femme aimée, en ce temps bref. Dans les greniers on trouve des robes de mortes, des robes portées au printemps et qui leur faisaient la taille fine, des robes pour leurs hommes. » |
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