Parution Mai 2004


* Pascal Commère, né en 1951, travaille en Bourgogne. Il vit à la campagne, écrit régulièrement et publie depuis 1978. Bourse Del Duca pour son premier roman ( Chevaux, Denoël, 1987 ) et Prix de poésie Guy Levis Mano 1990.
Son plus récent livre de poèmes, Bouchères, a paru chez Obsidiane en 2003. Il a fait paraître à nos éditions Solitude des plantes en 1996, Le grand tournant en 1998 et sa précédente « salutation » : La grand’ soif d’André Frénaud en 2001.

 

Pascal Commère
D'un pays pâle et sombre

Autres salutations
176 p. 14/19.
2004. ISBN 2.86853.400.7
17,00 Euros

 «C'est entendu, il y a ceux qui écrivent des livres et ceux qui écrivent tout court. Les uns savent où ils vont ; les autres ne le savent pas, ne le sauront jamais. » C’est tout naturellement vers ces derniers que vont les admirations littéraires de Pascal Commère, qui lit en écrivain et écrit en lecteur : avec attention et générosité. Salutations donc à Jean-Claude Pirotte, Jean-Loup Trassard, Serge Wellens, André Frénaud, Jacques Chessex, William Faulkner, Franck Venaille et Gustave Roud.
 « Tout était donc là depuis toujours — depuis, et peut-être même avant. Comme si le destin du poète, lié fatalement à la perte et à la solitude, avait été joué d’avance. Fragile et lié au monde, en même temps que séparé de lui par une extrême sensibilité, ombre et lumière, dépouillé : “ J’avance au cœur d’un pays pâle et sombre et qui tremble encore au seuil de sa naissance comme un papillon nu ”, en quoi pourrait se résumer la vie de Gustave Roud — “ marches sans fin dont chaque pas signifiait privation de quelque chose, dépouillement ”. À l’écoute, jusqu’à lui ressembler pour la mieux comprendre, de la moindre parcelle de vie menacée, arbres, plantes ou bêtes, dont l’innocence eût permis d’ “ atteindre peu à peu la secrète innocence des hommes comme une déchirante certitude ”. »
« Je pense à vous William Faulkner, assis au sud, qui saviez
les mains sur le garrot lire la terre et la lumière
quand la frappe en autant de roulés-boulés impose au clavier
la prose endiablée des jeunes bêtes de l’année. William Faulkner
dont j’ai lu tant de pages cet été, parvenant mal
à m’extraire de la houle épaisse qui est vôtre, épaisse et trouble
comme l’herbe à pleines brassées qu’on roule, qui enivre.

Deux frelons tournoient au-dessus d’une touffe d’angélique,
le ciel est gris. Gronde un avion qu’on ne voit pas,
le bruit s’éloigne. Qu’est-ce qui pèse, lent
et mal en marche, épuise. Qui appuie ? »
(…)