|
Parution Mai 2005
|
||||||||||||||||||||||
|
||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||
| Jean-Loup Trassard Nuisibles Texte et photographies 64 p., 16,5 /24. Mai 2005. ISBN 2.86853.430.9 21,00 Euros |
||||||||||||||||||||||
| Tirage de tête : 30 ex. numérotés, accompagnés d'une photographie originale signée par l'auteur. 90,00 euros |
||||||||||||||||||||||
|
|
||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||
| « À peine des pas, entendus après leur retour, lequel se fit au sombre du matin. Parfois on écrase bois morts et broussailles, on ne prend aucune précaution, ils mesurent cela un moment, puis c'est passé. Mais le piétinement atténué qui tourne, ici, là, de plusieurs peut-être, et ne s'éloigne pas, les met encore aux aguets. Bruit de serpe qui tranche la broussaille, les tiges grognent sur le coupant, les racines vibrent. Chaque entrée secrète va paraître. On y frappe, ah ils y sont déjà ! Lours bruit mat. Ainsi perçoivent-ils, sans doute, celui d'une grosse pierre jetée dans la terre molle. Ils savent maintenant l'attaque, n'oublient pas, dans leur sang, combien de mères ont dû sacrifier un de leurs petits pour tenter de sauver les autres.» |
||||||||||||||||||||||
| « La pente légère sur le flanc ouest de la maison et celle-ci, plus longue, plus accentuée, vers le sud, m'ont offert en un jet la vision du parti à prendre : c'était par terrasses successives que je devais procéder, ce qui, pour chaque endroit, obligeait d'uvrer à la fois sur dedans et dehors, c'est-à-dire sur l'étage du haut et l'étage du bas, un mur les reliant. Avec les larges et hautes fenêtres annoncées par l'architecte qui faisaient de la façade (et de celle exposée au nord tout autant) une dentelle ouverte à la lumière, j'avais la certitude que le jardin serait aperçu de l'intérieur, et même regardé, en presque permanence. Même aux heures où le froid tiendrait la famille et ses hôtes devant les cheminées. Pour les visiteurs de marque qui auraient vue sur le jardin, peut-être y accéderaient par privilège d'avoir été introduits d'abord dans la demeure, il convenait que l'ordonnance présentât au premier coup d'il une noblesse certaine. J'en voulais le dessin sobre, de juste goût, toute autre prétention aurait tué l'ouvrage. » |
||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||
| « Nous, on est là dans le jour humide, accrochés à la pente, les murmures sont le plus bas possible, les terrassiers n'ont pas encore creusé, les tireurs n'ont pas eu à tirer, on regarde la terre débarrassée des ronces, mais c'est en dedans que ça se passe. Des fois le chien abeuye en clair, d'autres fois le so est étouffé. À pattes torses ce chien-là, basset d'Artois dit le propriétaire. Le premier qui a visité est griffon vendéen, à poil long et dur, mais basset tout de même. Ceux qui attendent sont allemands, regardent vers le haut. Le propriétaire, lui, guette au trou, pour cas où son chien s'en reviendrait. » |
||||||||||||||||||||||
![]() |
||||||||||||||||||||||