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Parution Mai 2004
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| Lionel Bourg Montagne noire Récit. Collection Lettres du Cabardès animée par Jean-Claude Pirotte 125 p. 14/19. 2004. ISBN 2.86853.407.4 14,00 Euros |
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Du mont Pilat au pic de Nore, du Forez au Cabardès, la distance est-elle si longue ? En la franchissant, Lionel Bourg recueille les échos de son enfance et de sa jeunesse. Et cest un univers tour à tour noir et lumineux quil parcourt, où se brassent les images bousculées dun passé de gamin pauvre et dadolescent rebelle. La violence et la tendresse des amours, des amitiés, des révoltes, des enthousiasmes sinscrivent dans les replis du paysage et les aspérités de la roche, qui gardent fidèlement lempreinte quasi-miraculeuse dune vie, la sienne, mais aussi les cicatrices des vies obscures qui se sont déchirées dans les combats perdus et les renoncements.
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| « Je suis né sur un sol charbonneux. Tout était noir dans la région minière. Les murs, la boue dans les squares, les arbres et les façades des immeubles, les eaux grumeleuses des rivières comme les fumées que crachaient les usines, lhumeur maussade des hommes rentrant chez eux le soir, la colère des femmes, les joies fiévreuses, la misère. Je poussais là discrètement. Me promenais dans les décharges et parmi les remblais, croyant la chérir, cette terre, incapable denvisager pourquoi de brusques répulsions se saisissaient de moi, qui maccablaient ou me serraient la gorge. Jerrais sans but. Récoltais des morceaux danthracite. Mimmisçais à lintérieur des boyaux quune population besogneuse avait forés dans les caves du voisinage. Jen ressortais livide, lesprit tourmenté de pensées indécises, prêt à fuir, me battre avec les voyous du quartier ou vomir, lexpulser, la régurgiter dune traite, la poussière, aurais-je passé des heures et des heures à fouiller cette nuit dont chaque chose semblait faite. Tout était noir, oui. Terne. » « Je me perdrais plus dangereusement sans doute, comme en dautres forêts, dautres Bals des Neiges lenfant ou ladolescent qui mengage à le suivre, si je navais la conviction, marchant, écrivant, daller à la rencontre de cette vie dont le passé comme le présent et léventuel devenir se délivrent peu à peu en une même perception, un même souffle, les mots, la lassitude, lennui ou les atermoiements, les coups de sang, la somme de peines et de bonheurs dont chacun se façonne, tout cela, qui est écrire, qui est marcher, qui est aimer dabord, ne se séparant plus de lobstination qui, vaille que vaille, ne maura pas trahi. Ainsi vais-je. » |
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