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Parution Mai 2005
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Paul de Roux
Au jour le jour 4 Carnets 1989-2000 Mai 2005. 216 p., 12/19 cm. 19,00 Euros. ISBN 2.86853.433.3 |
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Comme les trois précédents volumes (qui couvrent les années 1974 à 1979 et 1984 à 1989), ce quatrième tome des carnets de Paul de Roux à lire pour eux-mêmes autant quen contrepoint de son uvre poétique réunit des notes, «exercices dattention» consacrés au paysage, à la littérature, à la peinture, ainsi que des ébauches de poèmes. Le poète de lincertitude et de la retenue, le matinal inquiet de la lumière des commencements, sy révèle un anti-maître à penser; il apparaît plutôt comme un guide fraternel, qui propose au lecteur la fragilité de son expérience de vie et décriture.
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| « Sil est des lieux qui furent beaux ou charmants et qui ne soffrent plus à nous quavilis par le vandalisme, il en est dautres qui ny ont jamais prétendu, sétant toujours présentés dans leur naïve médiocrité. Ils nen méritent que plus lattention. Ils ne décevront pas. Bien au contraire, le charme quils dérobent à un regard distrait nen paraîtra que plus attachant du fait quil est la récompense de lattention. Ainsi en est-il peut-être de la place dItalie et de ses alentours immédiats. Au premier regard elle ne semble guère vouée quà la circulation. Indéfiniment, voitures, camions de toutes tailles, autobus tournent autour du large terre-plein central jusquà ce quils parviennent à sengouffrer dans la voie attendue : avenue des Gobelins, boulevard dItalie, rue Bobillot, boulevard Auguste-Blanqui, avenue de la Sur-Rosalie. Quant aux piétons, on ne saurait imaginer que cest pour eux un lieu de promenade. (Surtout ce matin, où le temps est affreux.) Beaucoup (les hommes surtout) portent des serviettes (bien sûr, ils travaillent), dautres des sacs en plastique de supermarchés. Lun deux, à la marche hésitante, peut-être sans logis, ne semble pas aller à un endroit bien précis, mais on se demande ce qui pourrait le retenir. (De la terrasse du café où je me trouve je ne vois pas de banc public.) Il faudrait découvrir la place aux différentes heures de la journée, aux diverses saisons de lannée. Le lieu a quelque chose dinsipide et de reposant. Comme si tout (cafés, cinéma, voies publiques) était un peu plus grand quil ne conviendrait pour les gens qui habitent le quartier ou le traversent. Un manteau trop large, flottant. Il faudra que je revienne. Au premier examen, la place semble proclamer : « Passez, il ny a rien à voir. » On a envie de lui apporter un démenti. Il ne doit exiger quun tout petit effort. » | |||||||||||||