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Parution Mai 2006
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| Gérard Macé Rome ou le firmament Essai. 96 p., 14/19. 2006. ISBN 2.86853.458.9 15,00 Euros |
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| « Lun des plus beaux livres écrits sur Rome. Une Rome suspendue entre le clair et lobscur, le ciel et les ruines, les enfers et lau-delà : une ville de fontaines et de foudre, de fleuve et dincendie, de fables et dartifices ; cité du théâtre et de lillusion, élémentaire comme Isis, tragique comme Borromini, abyssale comme Piranese
Et lérudition est voilée comme chez Nerval, cest une érudition qui joue, invente jusquau délire, tire des feux dartifice, pâlit avec les couleurs et les reflets de la nacre, avant de séteindre dans la mélancolie. » (Pietro Citati) |
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| « À Rome, on ne fait jamais que revenir. Dans la chaleur de nos rêves ( les ruines quil en reste à létat diurne : chantier de fausses pierres, chant sourd dune langue morte, forum ouvert à toutes les vérités ) ou sous un ciel dorage, quand lor et le gris des coupoles ( le violet cest pour tout à lheure ) sont encore éclairés par un jour qui va virer au noir, baignés par une lumière qui va se changer en eau. Car le ciel en remue-ménage fait souvent la lessive de ses chiffons : selon les heures, la bure ou la soie, la laine ou les fils dor
Dans Bois sec bois vert, Cingria nous a dit merveilleusement combien Rome, outre un lieu de sacrifice, fut dabord un lieu dherbe et deau : il est vrai quaucune ville au monde na lair ainsi dêtre échouée dans la campagne, et de senfoncer ( dans la verdure et la buée de la lumière, dans la violence et le bavardage ) plus encore que Venise dans la boue de la lagune. Rome que lon surplombe ( de lune quelconque des collines ) est veinée de rouge et de vert, comme le fond dune mer encore proche. Quant au ciel, velum antique ou lingerie baroque, il est soulevé par des courants dair chaud, et certains soirs nous sommes étonnés de respirer encore, quand nous nous promenons dun pied marin, prêts à partir pour lOrient, entre les palais couleur corail. On repense alors à lhistoire ( ou la légende ) quon racontait au Moyen Âge, de cet Arabe naufragé au large dOstie, et qui, arrivant à Rome par la via Portuense, crut découvrir une mer nouvelle au lieu dune ville, quand du haut du Janicule il aperçut les coupoles encore recouvertes dun bronze doré, comme elles létaient à lorigine. Lherbe et leau, sous les ronces de lignorance, ont laissé partout des traces ; et les fontaines baroques rafraîchissant la mémoire, on remonte jusquaux sources antiques, jusquaux flots latins où elles semblent salimenter : le souvenir du lac à lemplacement du Colisée ( devant la maison dorée de Néron ), le Panthéon en forme de citerne immense, les thermes où lon marche aujourdhui à pied sec Et lon se rappelle soudain que, jusquau XIXème siècle, on inondait périodiquement la place Navone ( les affches qui fleurissent au printemps réclament quelquefois quon renoue avec cette ancienne pratique ). Dans un air lourd et humide, les palmes, lacanthe et le laurier ne sont pas les seuls à être vivaces : à côté de cette flore demblèmes, des herbes plus sauvages saccrochent aux pierres un peu usées, des plantations dagrément débordent partout des terrasses et des toits Et dans le quartier de la place dEspagne, cest la via dei Condotti ( mot à mot « rue des conduits ») qui mène aux escaliers de la Trinité des Monts, réplique des escaliers de lancien port de Rome, le port de Ripetta maintenant détruit. La barque du Bernin, submergée par leau au lieu dêtre portée par elle, renforce lillusion dun port pétrifié, que fréquente une foule revenue de tout. » |
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