Parution Février 2005


* Né en 1927, Charles-Henri Favrod est journaliste et écrivain suisse. Sa vie de grand voyageur l’a conduit dans tous les pays d’Asie, d’Afrique et d’Europe, et son œuvre abondante est en grande partie consacrée à la découverte
du monde. Excellent connaisseur de la photographie, tant ancienne que moderne, il est à l’origine, en 1970, de la Fondation suisse pour la photographie au Kunsthaus de Zurich. En 1985, le Canton de Vaud le charge de créer à l’Élysée, Lausanne, un musée de la photographie qu’il dirigera jusqu’en 1996, date à laquelle il est chargé d’organiser un musée de l’histoire de la photographie à Florence ( Italie ). Il a publié entre autres La révolution algérienne (Plon, 1959), L'Afrique seule (Le Seuil, 1961), et à nos éditions en 2004 Le défi du désert

Charles-Henri Favrod
Le temps de la photographie

Essais.
272 p. 14/19.
2005. ISBN 2.86853.421.X
23,00 Euros


« Technique d’appropriation du monde des objets, la photographie permet au sujet qui l’opère de s’exprimer. La sélection et la révélation qu’il fait des choses lui vaut d’exister intrinsèquement avec elles. Il n’y a en effet guère de photographie sans photographe, et cette contingence s’accompagne fatalement de l’autre : l’objectif ne s’ouvre jamais que devant les apparences véritables du monde extérieur, c’est toujours quelqu’un ou quelque chose qui se trouve représenté. La photographie est nécessairement un art figuratif. »

Défense et illustration d’un domaine trop peu étudié encore, ce livre — qui est également un précieux témoignage sur nombre de ses protagonistes vivants — est un des meilleurs outils de réflexion qu’on puisse donner aujourd’hui aux amateurs de photographie.
« Il ne s’agit pas du tout de faire ici l’histoire du nouveau procédé, mais bien de montrer qu’au moment où s’opère la grande mutation des temps modernes, ses auteurs sont tous conscients des possibilités qu’offre la photographie, si ce n’est des conséquences qu’elle va entraîner. Peut-être pressentent-ils déjà que le monde ne sera plus jamais le même, tandis que commence sa duplication systématique, son décryptage. La photographie noue les civilisations entre elles comme elle relie le futur au passé. Elle fait de nous les hommes d’une même planète et nous vaut un destin commun, en même temps qu’elle nous dote d’un langage partagé et aussitôt intelligible. Tout de suite, on s’éloigne de l’écriture, qui a constitué jusqu’alors le seul système d’enregistrement de l’information. La photographie devient le premier langage universellement compris depuis la tentative avortée de Babel. »