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Parution Février 2008
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Julie Lambilliotte
Je te regarde Roman. Février 2008. 112 p., 14/19 cm. 16,00 Euros. ISBN 978.2.86853.500.9 |
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« Dès quun peu de silence entre dans ta tête, le vertige te prend, un vertige sans mots, sans images, une angoisse épaisse qui gonfle et emplit ton corps comme une eau noire dinondation. »
Cest un moment de la vie dune femme. Un moment où sa vie bascule. Où elle se met en danger. Où elle livre une lutte intérieure qui est celle de la vie même. Un moment quelle a besoin de revoir, de scruter pour comprendre la femme quelle a été, alors. Cette autre, son double. Notre double. |
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«Un vertige te prend. Il a attrapé un sac, jeté quelques vêtements dedans et il est parti. La discussion ta épuisée. Est-ce bien ce que tu veux ? Tu taccroches à cette décision, prise après des jours de réflexion. Tu ne sais plus bien quels étaient les arguments mais, hier, ils semblaient à peu près clairs. Vous vous verrez bientôt : les meubles, les affaires.
Tu regardes autour de toi : la bibliothèque, le canapé. Leurs couleurs tétonnent. Dans la rue, un bus passe. Personne sur les trottoirs. Les jours sécoulent dans la même sensaion détrangeté. Tout te paraît irréel, différent. Rien, pourtant, na changé. Il manque juste quelques habits dans larmoire. Et lui, bien sûr. Son odeur, son rire, la façon quil avait de te prendre par la taille. Tu essaies de ne pas y penser. Dans le brouillard qui tentoure à longueur de journées, les raisons de cette séparation ne te reviennent toujours pas. Cest son visage bouleversé, ses questions qui te poursuivent. Tu es abasourdie. Tu ne dors presque pas, tu narrives pas à manger.Tu continues à travailler à la maison, machinalement, prise par une concentration profonde. Parfois, tu tassois, sur le canapé ou sur le lit. Tu ne penses à rien, tu sens le vide qui taspire. Quand tu relèves la tête, il sest passé une heure, deux heures, parfois plus. Tu as pourtant limpression de têtre assise une minute. Le reste du temps, tu pleures sans arrêt, remplie dune angoisse sur laquelle tu ne peux mettre aucun mot. Ses coups de fil ou ses passages à la maison pour prendre un vêtement ou un livre sont les seuls moments de paix. Tu es envahie alors par un bien-être que tu nanalyses pas. Le jour où il vient chercher ses affaires avec un ami, tu es prise dun désarroi qui ne te quittera plus. Mais que faire ? Que lui dire ? Tu ne peux pas revenir en arrière après lui avoir infligé une telle souffrance. Et puis, comment expliquer cette longue exaspération qui ta prise pendant des mois ? Elle doit bien reposer sur quelque chose, même si ton esprit ne parvient toujours pas à en rattraper les raisons. Ses coups de fil sespacent peu à peu. » |
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