|
Parution Février 2006
|
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
|
|||||||||||||||||||
| Patrick Cloux Un cheval deux traits Poèmes. Avec 13 photographies noir & blanc de Joël Damase Février 2006, 80 p., 16,5/24 cm 18,00 Euros. ISBN 2.86853.449.X |
|||||||||||||||||||
|
|
|||||||||||||||||||
| Un cheval de trait, quoi de plus sûr, de plus réel laissé là à demeure dans un paysage ? Un instant de vigueur posé au milieu des terres. Tenu en place, sans laisse, ni fil à la patte tout à sa statuaire osseuse danimal à sa lourdeur, à sa puissance. Installé pour ne rien changer, bien au contraire, tout à poursuivre la longue et lente appropriation dun sol contraire. Porte de chair à nos côtés. |
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
|
« Mais quelquefois encore,
laissez-nous lespérer, le grand cheval peint de nos années denfance renaîtra pour rejoindre de plus larges saisons, venant sans prendre garde au-dessus des maisons, hanter labord dun petit bois dardeur clair, blanc, tremblé, souverain contre lemprise idiote de notre vieillissement. Ceci à grands pas dinnocence, légèrement voilés. » |
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||
|
Couché sur un tapis de joncs
le cheval va si bien au décor qu'on le prendrait sans peine pour, sans même forcer l'image, l'une de ces chapelles votives où viennent se réfugier les joies dépassées et attendries d'une humanité faite d'attention, de retenue et de vaine lenteur. Cela au milieu des terres face aux souffles contariés des vents. Sous l'amont, dans la pente, deux arbres subsistent encore, vieille forêt des gestes anciens, épargnée, déjà oubliée, si belle ainsi réduite à ce jeu photographié où, tranquilles, paissent nos bienheureux. Deux d'abord, puis trois ou cinq chevaux vite ensemble par simple grégarité. Certains se font prier et traînent tandis que d'autres, agacés par des souris fantoches, font trembler leur pelage, les oreilles couchées, à traquer les oiseaux. |
|||||||||||||||||||
![]() |
|||||||||||||||||||