Tirage de tête

 

Jean Dieuzaide
D'autres images

Monographie. Avec 140 photographies.
Textes du photographe.

160 p. 21/25 cm.
2001. ISBN 2.86853.327.2
Épuisé
30 ex. numérotés sur couché, avec une photographie originale signée de l'artiste.
Coédition avec l’Abbaye aux Dames, Saintes et la Galerie municipale du Château d’eau, Toulouse — à l’occasion de l’exposition de Jean Dieuzaide organisée pour ses 80 ans.


Jean Dieuzaide est né en 1921 à Grenade-sur-Garonne. En 1944, il couvre la libération de Toulouse et se fait connaître avec un portrait fameux du Général De Gaulle. Il est le premier photographe français à obtenir en 1955 le prix Niepce et en 1961, le prix Nadar. Il ouvre en 1974 à Toulouse la galerie “Le château d’eau”, aujourd’hui très reconnue par les amateurs de photographie. Il a publié entre autres Voyage en Ibérie (Ed. Contrejour, 1983), Jean Dieuzaide, l’authenticité d’un regard (Marval, 1994), Portugal 1950 (En Vues, 1998), Pays basque au tournant d’un siècle (Ed. Atlantica, 2001)

 


«Je me soucie peu de savoir, avec mes images, si je fais de l’art ou pas. Depuis toujours, ma joie intérieure, celle dont on ne peut me priver qu’en me mettant dans un cachot noir, c’est de regarder la lumière et de la photographier dès qu’elle éclaire un corps, une forme, un outil, un rien. C’est elle qui fait vibrer tout mon être jusqu’à me glisser une larme au coin de l’œil et et me donne envie de dire merci.
Photographie contenue dans le tirage de tête
 Sans lumière rien n’existe et la liberté n’est plus. Avec elle tout est présent, simple et précis : elle donne richesse au balancement d’un volume, à sa surface, qu’il soit grain de peau ou de pierre; c’est le cadeau merveilleux qui nous est offert pour engranger des sensations et des images, et par là nous connaître mieux nous-mêmes et les autres, chose que nous ne savons plus faire.
C’est pécher de ne pas le dire et le faire comprendre est un devoir : la photographie est là pour nous y aider.
Je ne suis pas loin de penser que, si après un siècle et demi d’existence, la photographie connaît aujourd’hui ce développement foudroyant, évoluant bien au-delà des limites qui semblaient être les siennes, c’est sans
doute pour nous aider à retrouver le chemin de la spiritualité à laquelle aspirent les jeunes et dont notre
monde «idiot» s’est employé à nous écarter. C’est peut-être prétention, mais je crois que la photographie
m’a aidé à ne pas trop m’écarter de ce chemin : elle m’a aidé à redécouvrir une feuille d’arbre, puis l’arbre
lui-même, puis le paysage dont il est l’acteur, et l’homme qui vient parler avec cet arbre ou se reposer sous
son ombre.