Tirage de tête
Claude Pauquet & Daniel Dobbels
Convoi vers l'est et retour
33 photographies panoramiques précédées d'un texte de Daniel Dobbels et suivies d'un entretien avec Geneviève Pauquet, résistante déportée, réalisé par Claude-Alice Peyrottes.
2002. 96 p., 21/30 cm. ISBN 2.86853.366.3 — 120,00 Euros
30 ex. numérotés sur centaure naturel et couché, sous emboîtage toilé gris, contenant une photographie signée de l'artiste

 

Claude Pauquet est né en 1954 et vit près de Poitiers. Photographe, il poursuit depuis 1985 une recherche sur l’identité du paysage, sa transformation et l’observation du territoire social. Ses images font partie des collections du Musée Niepce, du FRAC Poitou-Charentes et de l’Arthothèque de La Rochelle. Les photographies réunies dans ce livre seront présentées lors d’une exposition qui se tiendra à Poitiers durant l’automne.
Né en 1947, Daniel Doebbels développe depuis 1977 une double activité de chorégraphe et d’écrivain. Il a été critique d’art à Libération, chroniqueur à France Culture et a collaboré à la revue Lignes. Il a publié Martha Graham chez Coutaz, Danses tracées aux Ed. Dis Voir, Jean Bazaine chez Skira et a participé à la publication et à la présentation des textes de Robert Antelme Sur l’espèce humaine.

Photographie contenue dans le tirage de tête
J'ai réalisé en 1997 un travail sur l’itinéraire de déportation de ma mère, résistante détenue de 1943 à 1945 à Auschwitz, Birkenau (Pologne), Ravensbrück (Allemagne) et Mauthausen (Autriche).
J’ai découpé sa déportation de 28 mois en deux époques : un voyage d’hiver vers l’enfermement et le retour en France au printemps, à la veille du défilé du 1er mai 1945.

En suivant l'itinéraire au plus près, arrivant à Auschwitz le 27 janvier, le « même » jour qu'elle, c'est un voyage vers l'Europe de l'Est que j'ai entrepris.
La représentation connue de l'entrée du camp de Birkenau, long bâtiment noir aplati dans sa lumière de fond de neige, m'a décidé à photographier en utilisant une chambre panoramique, sur trépied, de façon frontale.
Ce travail m'a permis d'explorer des problématiques constantes sur la démarche du photographe, la mienne étant certainement imprégnée de ses récits de déportation : le temps dans les images, ou son apparente absence; la distance à trouver tout en restant en dehors de l'horreur et la neutralité du cadrage; en somme le choix esthétique par lequel il conviendrait de transcrire (au mieux) autant d'éléments documentaires de témoignage.