Tirage de tête


 

* Né en septembre 1928 à Paris, Denis Brihat débute, dans les premières années cinquante par la photographie d’illustration. De 1958 ( date de son installation en Provence ) à 1967, il se consacre à une œuvre personnelle en noir et blanc et commence en 1968 sa recherche sur la couleur par le biais des virages métalliques et sur un procédé de gravure de la gélatine. Du prix Niépce ( 1957 ) au grand prix de photographie de la Ville de Paris ( 1987 ), très actif dans le monde de la photographie aux côtés de ses confrères amis Sudre, Dieuzaide, Doisneau et bien d’autres, il a publié plusieurs portfolios, enseigné et exposé régulièrement en France et à l’étranger.

Denis Brihat.
Le jardin du monde

56 photographies en couleurs et 28 photographies en noir et blanc. Textes de Charles-Henri Favrod, Paul Jay et Michel Tournier.
Septembre 2005. 136 p. 25/33. 100 ex. numérotés, sous emboîtage, accompagnés d'une photographie originale signée par l'artiste épuisé
quelques exemplaires sont disponibles encore chez le photographe

« Certains photographes sont de la race des chasseurs ( abondamment décrite ) ; Denis Brihat, quant à lui, appartient à la tribu pacifique des cueilleurs. En philosophe pratique, il a, jeune encore, décidé de cultiver son jardin. En poète de l’image, il a célébré la beauté du monde en taillant un bon nombre de blasons à la louange des nourritures délectables dont celui-ci nous comble : fleurs et fruits, légumes, arbres et quelques spécimens moins domestiques du règne végétal – qui lui a semblé résumer toutes les richesses dont la nature fait, à profusion, le bonheur des hommes. C’est qu’il a vu le monde de son jardin ou, lorsqu’il a parcouru le monde, qu’il fut porté par la rêverie d’un jardinier serein. Sa maîtrise de l’art photographique l’a doté d’un regard par lequel l’essentiel ( la lumière, en noir et blanc ) s’est constamment approfondi, jusque dans l’enrichissement de ses tirages par des « virages » métalliques ( or, cuivre, sélénium… ) dont la cristallisation nous révèle la couleur de la lumière – qui est bien plus que la couleur des choses. Par ce dépouillement, il a atteint à une sobriété qui le garde de toute mièvrerie et tient à distance l’anecdote potagère. On peut parier que ses images seraient, pour beaucoup, devenues des icônes s’il n’avait – par une humilité personnelle qui est bien en rapport avec la noble simplicité des sujets qui l’occupent – lutté contre son statut d’artiste en revendiquant celui d’homme de métier. Néanmoins, son travail est une œuvre, unique, singulière, qui dit beaucoup sans le moindre discours.
Ce livre – qui la parcourt sans pouvoir rendre tout à fait justice à la splendeur des originaux – en montre avec éclat la stricte nécessité. »

Georges Monti

Photographie originale contenue dans le tirage de tête