Nuisibles
Texte & photographies. 64 p. 16,5 /24.
2005. ISBN 2.86853.430.9
— 21,00 Euros
« Le propriétaire nous a dit que d'aucuns, qui ne s'intéressent pas aux finesses du combat souterrain, introduisent tout d'un coup un chien porteur d'une lampe électrique, cette forte lumière dans le château toujours noir crée une panique, les habitants déboulent dehors, il n'y a plus qu'à tirer.




«À peine des pas, entendus après leur retour, lequel se fit au sombre du matin. Parfois on écrase bois morts et broussaille, on ne prend aucune précaution, ils mesurent cela un moment, puis c’est passé. Mais le piétinement atténué qui tourne, ici, là, de plusieurs peut-être, et ne s’éloigne pas, les met encore aux aguets. Bruit de serpe qui tranche la broussaille, les tiges grognent sur le coupant, les racines vibrent. Chaque entrée secrète va paraître. On y frappe, ah ils y sont déjà ! Lourd bruit mat. Ainsi perçoivent-ils, sans doute, celui d’une grosse pierre jetée dans la terre molle. Ils savent maintenant l’attaque, n’oublient pas, dans leur sang, combien de mères ont dû sacrifier un de leurs petits pour tenter de sauver les autres.
Même pas jour qu’il était, dans le taillis encore moins. Ne faites pas tomber les outils a dit le garde. A fallu se baisser, tous les dos sur la pente, pour lâcher pioches, pelles, fourche, serpe, sermiaud. Un cliquetis tout de même, doucement doucement disait la main. Je me doute que de l’intérieur ça s’entend malgré le crépuscule humide, moitié brumeux, qui étouffe. Lui, enfin le propriétaire, s’occupait de ses chiens, les attachait un à un dans le fond, avec muselière, pas qu’ils gueulent. Encore il a pris soin de regarder d’où venait l’air, que ça ne mène pas l’odeur de chiens jusqu’au dedans. À la serpe, Marcel coupe ras les ronces autour des creux. Amenez des pierres qu’a dit le garde. Dès que les cinq portes sont bloquées, les voilà lui et le garde, agenouillés devant l’entrée principale.
»