De Catulle
Essai, suivi de vingt transcriptions. 80 p. 12 /19.
1990. ISBN 2.86853.094.X
— 9,00 Euros
Tel le haut exemple de Pound dans son Homage (1918) revivifiant naguère Properce, ce libelle ou mince essai interpelle tout lecteur de poésie intempestive en son dégoût de la commune à la faveur d'une fulgurante figure juvénile, Catulle, jadis aimé des dieux et donc tôt disparu après avoir conçu désespoir, amitié, crudité, sexe, ironie, et le temps même dans une nargue et un acquiescement mêlés à ce qu'il est convenu d'appeler illusoirement Vie.



« Sapho la grecque fut, reste écrivain de toujours, en elle-même, pour qui la lit (l'aime) — écrire, c'est aimer, lire, c'est aimer, entre inconnus —, mais aussi par Catulle qui en lui-même la retrouva, et sa pureté, d'un siècle à un autre; de même Catulle, latin et véronais, est écrivain de tous les jours, de la vie pour qui l'aime — Martial, Ausone par exemple, sa filiation immédiate, ou Fénelon, plus tard, que touchait la vérité nue, crue, à quelque siècle que ce soit, sentira comme lui, sous les cieux changeants et uniques, faits de nuages et d'interrogations, par-dessus les ères de mémoire éboulées.
Or Catulle ne fut point, par chance, un poète officile, tel que Virgile et Horace — ce que Voltaire tant regrettait en eux — mais poésie même, c'est à dire essentielle en son registre restreint : jeunesse narguant la politique, vie brève aimée des dieux que font rire les stabilités terrestres, temps amour et mort charnels...»