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Stefan |
Autre Biographie
Jude Stefan naît en juillet 1930, le premier, comme Georges Sand sensibilité, imagination des natifs du cancer, le signe fou, et d'ailleurs vive admiration pour cette dame au-dessus des préjugés moraux et vulgaires des petits hommes. Il fait des études au lycée Malherbe (salut à Ponge) puis en classes préparatoires pour devenir (sic) professeur, après un D.E.S sur rimbaud et Lautréamont, rien moins («du génie au silence», puisqu'on écrit toujours avant mourir). Il demande le poste le plus proche de la maison de sa mère près de décéder, est nommé au lycée de Bernay, sans doute un des plus ingrats quant à l'environnement, non aux élèves de France, où il enseigne (mais n'en saigne pas pour autant, comme dirait Sollers) depuis vingt ans Français, Latin, Grec avec force excursus sur le sport, la philosophie, l'art, les faits divers, et tout le reste possible, outre l'indépendance personnelle. Il vit marié de 1959 à 1974, sa femme, comme on dit abusivement, étant des rares personnes vivantes l'ayant marqué, de même qu'un collègue, Alain-René Hardy de feu Vincennes, d'anciens condisciples de jeunesse, Dragon, Bracq, Serre, Héron, Aber. Il n'y eut que quelques amis, celui de Sartre, M. Sicard, un peintre provincial, sa chienne qui vient de mourir.
C'est en 1965 qu'il adresse un livre d'essais moraux à M. Blanchot, qui lui conseille de le faire publier dans la collection «Le Chemin» alors lancée par G. Lambrichs, lequel éditera sept de ses livres, de 1967 à 1984, et lui permettra lors des fameux mercredis de table de renconter les écrivains et amis du même groupe : Butor, Trassard, Chaillou, Réda, Meschonnic, Demélier, Janvier, Deguy, Roudaut, Pachet, Borel, M. Alphant qui l'aideront, à leur insu, de leur écriture ou de leur exemple. Il collabore régulièrement à la N.R.F. (il ne saurait oublier que c'est M. Arland qui lui donna l'idée d'écrire des nouvelles), aux Cahiers du Chemin, épisodiquement à Obliques, pour le numéro sur Sartre, à L'Infini, à Digraphe, Recueil, à de jeunes revues. Depuis 1983 il a eu la chance de rencontrer deux éditeurs obliques et qu'il remercie vivement, André Dimanche (Ryôan-ji) et Georges Monti, qui lui ont permis de publier des ouvrages auxquels il tient, par leur vertu plus secrète, autant qu'aux autres.
Il n'aime pas parler de lui-même, de sa vie (?) laquelle, celle qui passe à la vitesse de rotation de la terre, 29 kilomètres par seconde, le temps de rire, faire blanchir les cheveux, vous cadavériser ? il n'aime pas la mort, qui origine tout destin. «Sans intérêt tout cela, disparu en quelques décennies. Du vent»
Jude Stefan
Ce texte a paru dans le catalogue de l'exposition Jude Stefan, Bibliothèque municipale de Bernay, 1983 et dans le Cahier que nos éditions lui ont consacré en 1993.